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Pourquoi la panne d’AWS remet en question la codépendance d’Internet vis-à-vis des hyperscalers

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Publié le 24 octobre 2025. Une panne majeure chez Amazon Web Services (AWS) a récemment mis en lumière la fragilité de l’écosystème numérique, dépendant de quelques acteurs technologiques majeurs. Cet incident soulève des questions cruciales sur la résilience de l’Internet et la stratégie des entreprises face à une telle concentration de pouvoir.

  • Le 20 octobre 2025, une panne de grande ampleur a touché les services d’Amazon Web Services (AWS), impactant de nombreuses applications et sites web populaires.
  • La cause identifiée serait un problème lié au système de noms de domaine (DNS), engendrant une augmentation des erreurs et des latences.
  • Cet événement ravive les inquiétudes quant à la dépendance d’Internet envers un petit nombre de géants du cloud, qui détiennent une part de marché considérable.

La journée du 20 octobre 2025 restera marquée dans les annales numériques. Les premières heures de la matinée ont vu AWS, l’un des piliers de l’infrastructure de l’Internet mondial, connaître des dysfonctionnements importants. La région US-EAST-1 a été particulièrement affectée par une « augmentation des taux d’erreur et des latences » affectant plusieurs de ses services. Le géant du cloud a rapidement attribué la cause de cette perturbation à un souci touchant le système de noms de domaine (DNS), essentiel à la navigation sur le web.

En tant que colonne vertébrale de nombreux services en ligne, une défaillance chez AWS a eu des répercussions immédiates et étendues. Des plateformes aussi variées que Snapchat, Venmo ou encore le jeu en ligne Roblox ont vu leur accessibilité ou leur fonctionnement dégradés, comme en témoignent les nombreux rapports sur des sites spécialisés dans le suivi des pannes. L’impact a été ressenti jusque dans la vie quotidienne ; Mehdi Daoudi, PDG de Catchpoint Systems, a relaté une expérience personnelle lors d’un dîner au restaurant, où le système de paiement était hors service, le personnel étant incapable de procéder manuellement aux transactions.

Au-delà des désagréments pour les utilisateurs individuels, la panne a également affecté des infrastructures critiques. Des secteurs tels que la banque ou le transport aérien ont connu des perturbations notables sur leurs applications métiers, soulignant la dépendance de ces services essentiels à la disponibilité des infrastructures cloud.

Bien qu’AWS ait annoncé le retour à la normale de ses opérations en fin de journée, l’incident a servi de puissant rappel. Samir Elabed, ingénieur en cybersécurité, a souligné ce constat : « Cela nous montre que nous dépendons tellement d’un seul fournisseur, ce qui en termes de planification commerciale, je dirais, non, nous ne pouvons plus faire ça. » Ces propos font écho à la domination du marché par AWS, qui détenait 30 % de la part de marché mondiale au deuxième trimestre, selon les données du Synergy Research Group. D’autres acteurs majeurs comme Microsoft Azure (20 % du marché) et Google Cloud (13 %) complètent ce paysage concentré.

Face à ces vulnérabilités, des solutions émergent. Patrick Neighorn, porte-parole d’AWS, a affirmé dans un communiqué qu’AWS « a maintenu un historique de fiabilité qui surpasse celui des autres principaux fournisseurs de cloud », sans commenter directement les inquiétudes soulevées par la panne.

La panne d’AWS est perçue par de nombreux professionnels comme un signal d’alarme. Mehdi Daoudi suggère la création de postes dédiés à la résilience des infrastructures informatiques au sein des entreprises. « La seule solution est de commencer à réfléchir à la résilience au niveau du conseil d’administration », a-t-il insisté.

De son côté, Samir Elabed préconise l’adoption de stratégies « multi-cloud » ou « multi-régionales ». Il rappelle le dicton souvent entendu : « AWS ne tombe jamais en panne », tout en soulignant la réalité de l’incident récent. Une approche diversifiée permettrait aux entreprises de disposer de plans de secours efficaces en cas de nouvelles défaillances.

Spencer Kimball, PDG de Cockroach Labs, partage cette vision, qualifiant les « hyperscalers » de « monoculture technique ». Il recommande aux entreprises de diversifier leurs fournisseurs de cloud. Il a également évoqué la législation européenne en matière de résilience opérationnelle numérique et de données, visant à renforcer la sécurité des entités financières et à supprimer certains frais de sortie qui pourraient dissuader une stratégie multi-cloud. « C’est une réglementation très intéressante », a-t-il conclu, anticipant une évolution significative dans ce domaine.

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