Home International Pourquoi la Russie a rejeté la proposition de Donald Trump de « geler » la guerre en Ukraine sur le front actuel | Vladimir Poutine | Volodymyr Zelenski | États-Unis | Note | MONDE

Pourquoi la Russie a rejeté la proposition de Donald Trump de « geler » la guerre en Ukraine sur le front actuel | Vladimir Poutine | Volodymyr Zelenski | États-Unis | Note | MONDE

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Publié le 24 septembre 2025. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky se rend à la Maison Blanche pour solliciter des missiles de longue portée afin de frapper en Russie. Donald Trump, fraîchement sorti d’une conversation téléphonique avec Vladimir Poutine, aurait proposé un plan alternatif impliquant des concessions territoriales de la part de l’Ukraine.

  • Volodymyr Zelensky demande des missiles Tomahawk pour frapper le territoire russe.
  • Donald Trump suggère à l’Ukraine de céder des territoires du Donbass à la Russie en échange d’un gel du conflit.
  • La Russie rejette la proposition de cessez-le-feu immédiat sur les lignes de front actuelles.

Lors de sa visite à la Maison Blanche le vendredi 19 septembre 2025, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a exprimé sa demande de livraison de missiles Tomahawk à longue portée, destinés à frapper des cibles en profondeur sur le territoire russe, notamment ses raffineries. Cette requête intervient dans un contexte de tensions continues et de conflit persistant.

Cependant, Donald Trump, qui avait échangé quelques heures plus tôt avec le président russe Vladimir Poutine, aurait formulé une proposition différente. Selon des sources citées par l’agence Reuters, l’ancien président américain aurait suggéré à Volodymyr Zelensky que l’Ukraine accepte de faire des concessions territoriales. Il aurait notamment évoqué la cession d’une partie significative de la région du Donbass, incluant les provinces de Donetsk et Louhansk, en échange d’un accord de la part de la Russie pour geler le conflit.

Cette proposition aurait été accueillie avec déception par les représentants ukrainiens présents lors de la réunion, qualifiée de « tendue ». Trump aurait exercé une pression sur Zelensky pour qu’il cède des portions de territoire à la Russie. Par la suite, l’ancien président américain a publiquement plaidé pour un cessez-le-feu sur le front actuel, une position que Zelensky a ensuite relayée dans ses déclarations à la presse, la présentant comme un point de départ potentiel pour des négociations de paix.

Reuters précise que cette offre de Trump a été faite après qu’il eut affirmé ne pas vouloir céder volontairement de territoire à la Russie. La proposition impliquait que la Russie et l’Ukraine conservent les territoires qu’elles contrôlaient au moment de la négociation, dans l’attente d’un accord de fin de conflit.

Quelques jours plus tard, le mardi 23 septembre 2025, Zelensky et plusieurs dirigeants européens ont affiché leur soutien à la proposition de Trump. Dans une déclaration commune, des leaders, dont ceux de France, du Royaume-Uni et d’Allemagne, ont indiqué soutenir fermement la position de l’ancien président américain, appelant à un arrêt immédiat des combats et à l’utilisation de la ligne de contact actuelle comme base de négociations. Ils ont toutefois réaffirmé leur attachement au principe selon lequel les frontières internationales ne doivent pas être modifiées par la force et ont maintenu leur engagement à soutenir l’Ukraine afin qu’elle reste en position de force.

Réaction de la Russie

La Russie n’a pas immédiatement adhéré à la proposition de Trump. Ce mardi, le ministre des Affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov, a déclaré que son pays n’avait pas modifié sa position depuis le début du conflit en février 2022, affirmant que « nos objectifs de guerre restent inchangés ». Il a critiqué l’appel à un armistice immédiat basé sur la ligne de front actuelle, arguant que cela allait à l’encontre des « accords conclus à Anchorage » visant à traiter des « causes profondes des conflits ».

« Maintenant, Washington nous dit que nous devons arrêter immédiatement et que nous ne devons plus discuter de quoi que ce soit. Arrêtez-vous et laissez l’histoire juger. »

Sergueï Lavrov, ministre des Affaires étrangères russe

Lavrov a ajouté qu’un cessez-le-feu dans les conditions actuelles signifierait qu’« une grande partie de l’Ukraine restera sous le régime nazi de Kiev ». Il a fustigé le fait que cette partie de l’Ukraine serait le seul endroit au monde où une langue entière serait interdite par la loi, malgré son statut de langue officielle de l’ONU et sa diffusion auprès de la majorité de la population. Le ministre russe a par ailleurs accusé les Européens de tenter d’influencer Trump pour qu’il change de position, cherchant à éviter un « arrangement durable ».

« Nous savons qui s’y consacre. Ce sont les Européens, les sponsors et les maîtres de Zelensky. »

Sergueï Lavrov, ministre des Affaires étrangères russe

Les « causes profondes du conflit » selon Moscou

Lorsque la Russie évoque les « causes profondes du conflit », elle fait référence aux justifications avancées par Vladimir Poutine en février 2022 pour déclencher ce qu’il a qualifié d’« opération militaire spéciale » en Ukraine. Ces points constituent les conditions posées par Moscou pour une négociation de paix et la fin de la guerre :

  • L’expansion de l’OTAN vers l’est : La Russie considère l’intégration de pays de l’ancien bloc soviétique dans l’OTAN, ainsi que la perspective d’une adhésion de l’Ukraine, comme une menace directe pour sa sécurité nationale. Poutine a affirmé que la guerre visait à empêcher l’Ukraine de devenir une « base militaire occidentale » à sa frontière.
  • La « dénazification » de l’Ukraine : Moscou soutient que le gouvernement ukrainien serait dominé par des « éléments nationalistes radicaux » promouvant des politiques anti-russes, une affirmation qui manque de preuves internationales probantes quant à l’existence d’un « régime nazi » à Kiev.
  • La « protection » de la population russophone du Donbass : Depuis 2014, la Russie affirme agir pour défendre les russophones de Donetsk et Louhansk, qu’elle accuse d’être persécutés par le gouvernement ukrainien.
  • Le statut de la Crimée : Poutine considère la Crimée comme une partie indissociable de la Russie depuis son annexion en 2014, exigeant une reconnaissance formelle de cette souveraineté comme condition préalable à tout accord de paix.
  • La neutralité permanente de l’Ukraine : Moscou propose que l’Ukraine adopte un statut de neutralité, sans alliance militaire avec l’Occident, et qu’elle entretienne une relation de « coexistence stratégique » avec la Russie.

L’ambiguïté de Trump

Selon Andrés Gómez de la Torre, spécialiste des questions de défense et de renseignement, la relation entre Donald Trump et Volodymyr Zelensky, bien qu’ayant atténué certaines divergences, demeure empreinte d’inconfort et d’un manque de consensus sur la résolution du conflit. L’expert estime que Trump propose de « geler le conflit sur les lignes de combat actuelles », établissant une « frontière de fait » ou un « armistice temporaire » devant être officialisé par des traités internationaux, ce qui impliquerait des modifications juridiques des frontières. « En pratique, cela signifierait accepter des concessions territoriales à la Russie, ce que Zelensky rejette », explique Gómez de la Torre à El Comercio.

Concernant le rejet russe, l’analyste suggère que Moscou maintient sa stratégie de « guerre d’usure », comptant sur la prolongation du conflit pour obtenir des positions géographiques plus avantageuses. « Peut-être que dans quelques mois, à ce moment-là, il décidera de geler la guerre », avance-t-il.

Sur la question du soutien militaire promis à Zelensky, Gómez de la Torre souligne que Trump maintient une « politique ambiguë de soutien à l’Ukraine », évitant notamment de livrer des missiles de croisière Tomahawk. « Ce refus de Trump de livrer les Tomahawks est aussi une sorte de triomphe pour la Russie, car elle en a parlé avec Trump. C’est certainement un signe que Poutine sait parfaitement qu’il peut plier la main au président des États-Unis », analyse-t-il.

Néanmoins, Gómez de la Torre n’exclut pas que Trump puisse à l’avenir approuver la livraison d’un lot limité de missiles Tomahawk pour cibler des usines et raffineries de drones russes. Il s’agirait, selon lui, d’attaques circonscrites en profondeur, tandis que la partie ukrainienne chercherait à obtenir au moins un nombre minimum de missiles lors des négociations.

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