Publié le 8 février 2026 à 13h00. Le prince William se rendra en Arabie saoudite lundi prochain, un voyage diplomatique délicat qui reflète l’évolution des relations entre le Royaume-Uni et le royaume pétrolier, ainsi que les priorités du prince de Galles en matière de transition énergétique et de jeunesse.
- Le prince William a accepté sans hésitation l’invitation du gouvernement britannique, soulignant son engagement envers ses fonctions.
- La visite intervient dans un contexte de modernisation rapide de l’Arabie saoudite, avec des investissements croissants dans le sport, le divertissement et la diversification économique.
- Le voyage soulève des questions sur la manière dont le prince William abordera les préoccupations liées aux droits de l’homme dans un pays où les violations sont régulièrement dénoncées.
Cette première visite officielle du prince William en Arabie saoudite s’annonce comme un « labyrinthe diplomatique compliqué », selon une source royale. Elle contraste fortement avec les voyages de sa grand-mère, la reine Elizabeth II, dans un royaume alors bien différent. L’Arabie saoudite d’aujourd’hui est en pleine transformation, avec une société qui s’ouvre culturellement et une économie qui cherche à se diversifier au-delà du pétrole.
Le gouvernement britannique considère cette visite comme une priorité, cherchant à renforcer ses relations avec le prince héritier Mohammed ben Salmane. Une source proche de la famille royale a déclaré : « Le prince William prend son rôle de prince de Galles au sérieux, donc lorsque le gouvernement lui demande de faire quelque chose, il répond à cette demande. » Le voyage, prévu lundi, mettra l’accent sur la transition énergétique et la jeunesse, deux axes majeurs de développement pour le royaume.
L’Arabie saoudite est en train de devenir un acteur majeur dans le domaine du divertissement et du sport. Le Festival de l’humour de Riyad a accueilli l’année dernière des stars internationales de la comédie, telles que Dave Chappelle, Kevin Hart et Bill Burr. Le pays accueillera également le Festival international du film de la Mer Rouge à Djeddah et le Grand Prix d’Arabie saoudite de Formule 1. En 2034, l’Arabie saoudite sera d’ailleurs l’hôte de la Coupe du monde masculine de la FIFA.
Cependant, cette modernisation ne doit pas occulter les préoccupations liées aux droits de l’homme. Des organisations telles qu’Amnesty International accusent les autorités saoudiennes d’utiliser le sport et le divertissement pour améliorer leur image internationale. Le prince héritier Mohammed ben Salmane a déclaré qu’il ne se souciait pas de la manière dont ces pratiques étaient perçues, tant qu’elles servaient les intérêts économiques du pays.
La rencontre entre le prince William et le prince héritier Mohammed ben Salmane sera sans doute le moment fort de cette visite. Ce dernier, dirigeant de facto de l’Arabie saoudite, est une figure controversée. Le prince William sera pleinement informé avant cette rencontre, connaissant le bilan du royaume en matière de droits humains, où les relations homosexuelles sont criminalisées et la dissidence politique réprimée. Il est également conscient de la condition des femmes, qui, malgré des progrès récents (comme l’autorisation de conduire en 2018), restent soumises à des restrictions importantes.
Ghanem Al-Masarir, un YouTubeur satirique basé à Londres qui a été victime de harcèlement et d’agression en raison de ses critiques envers le régime saoudien, estime que le prince William doit aborder ces questions sans hésitation. Il a déclaré :
« Je comprends la raison de la visite du prince William, car elle vise à renforcer les relations entre l’Arabie saoudite et la Grande-Bretagne. Je ne vois aucun problème avec sa visite, car il occupe une position distinguée et a l’opportunité de parler avec Mohammed ben Salmane. »
Ghanem Al-Masarir, YouTubeur satirique
Al-Masarir a ajouté :
« Mais les voir là-bas se serrer la main est difficile à croire. Le prince William se tiendra à côté d’un homme qui, selon la CIA, a ordonné l’assassinat de Khashoggi… et c’est quelque chose de difficile à comprendre. »
Ghanem Al-Masarir, YouTubeur satirique
Malgré le rapport de 2021 des services de renseignement américains, qui accuse le prince héritier d’avoir approuvé l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi en 2018, de nombreux dirigeants mondiaux continuent de se rapprocher de Mohammed ben Salmane. Parmi eux figurent l’ancien président américain Donald Trump, le président français Emmanuel Macron, le chancelier allemand Friedrich Merz, le président ukrainien Volodymyr Zelensky et le Premier ministre britannique Keir Starmer. Même Joe Biden, qui avait initialement promis d’isoler l’Arabie saoudite, s’est rendu à Djeddah en 2022.
Le roi Charles III entretient également des liens étroits avec la famille royale saoudienne, ayant effectué de nombreux voyages dans le royaume, tant officiels que privés. Un ancien diplomate britannique a souligné :
« Le roi Charles aime le désert et y passe beaucoup de temps en Arabie saoudite, dessinant, contemplant la faune et profitant de la beauté naturelle. »
Ancien diplomate britannique
Cette visite s’inscrit dans la continuité de la politique britannique, qui consiste à maintenir des relations solides avec l’Arabie saoudite, même si certains aspects de sa politique intérieure sont en contradiction avec les valeurs occidentales. La monarchie britannique considère que le dialogue et la coopération sont les meilleurs moyens de faire progresser les intérêts du Royaume-Uni et d’influencer positivement la situation sur la scène internationale.