Le fabricant de drones et de caméras fait une incursion remarquée sur le marché de l’entretien ménager automatisé avec le lancement de son robot aspirateur et laveur, le Romo, désormais disponible en Europe. Ce nouveau venu se distingue par un design audacieux : une conception entièrement transparente qui dévoile ses entrailles technologiques.
Alors que le marché des robots aspirateurs s’enrichit chaque année, rares sont ceux qui anticipaient l’arrivée de DJI, géant des drones et des caméras, dans ce segment. Pourtant, la marque a officialisé aujourd’hui le lancement européen de son Romo, après une première apparition en Chine durant l’été. Ce robot combine les fonctions d’aspiration et de lavage, mais son principal argument marketing réside dans son esthétique inédite : un corps transparent qui révèle l’ensemble de ses composants internes. Malheureusement, pas de capacité de vol pour ce modèle, qui mise plutôt sur une expertise de navigation terrestre héritée de son ADN de fabricant de drones.
La transparence, fil conducteur de cette gamme, s’applique différemment selon les modèles. Le Romo P, vaisseau amiral, arbore une conception entièrement transparente, robot et station de base inclus. Le Romo A présente un robot transparent associé à une station de base blanche opaque, tandis que le Romo S se pare d’un blanc intégral. Les tarifs démarrent à 1 299 € pour le Romo S, grimpent à 1 599 € pour le Romo A, et atteignent 1 899 € pour le modèle P, le plus sophistiqué.
Au-delà de l’aspect visuel, qui pourrait susciter le scepticisme quant à sa durabilité esthétique à l’usage, les spécifications techniques des trois modèles sont globalement similaires. La station de base du Romo P ajoute quelques fonctionnalités, mais le surcoût est largement justifié par l’innovation transparente. L’intérêt principal de cette transparence réside dans la possibilité d’observer le fonctionnement interne du robot et de sa station, une approche déjà explorée par certains concurrents comme Dyson.
En matière de performances, la gamme Romo affiche des caractéristiques comparables à celles de la série Qrevo Curv de Roborock. On retrouve notamment la même brosse à rouleau fendue, conçue pour canaliser les cheveux vers l’aspiration, ainsi qu’une brosse latérale extensible pour un nettoyage optimisé des coins. La conception des serpillières rotatives et la reconnaissance des tapis pour éviter leur mouillage sont également communes. Cependant, le Romo se démarque par une puissance d’aspiration supérieure, annoncée à 25 000 Pa, et un réservoir d’eau embarqué plus conséquent (164 ml), promettant des cycles de nettoyage plus longs sans retour fréquent à la station.
La véritable prouesse technologique du Romo réside dans son système de navigation. Héritant de l’expertise de DJI dans le domaine des drones, le robot est équipé d’une combinaison de deux capteurs de vision fish-eye et d’un lidar semi-conducteur grand angle à double émetteur. Selon le fabricant, cette technologie permet une « détection d’obstacles au millimètre près », capable d’identifier des objets aussi fins qu’un câble de chargement de 2 mm ou une carte à jouer. Associée à de l’apprentissage automatique, cette capacité promet une navigation fluide et sécurisée, à l’abri des trébuchements sur les objets du quotidien.
Cette précision en matière de détection d’obstacles semble représenter une avancée notable, les systèmes concurrents les plus performants ne pouvant généralement identifier que des objets de taille plus conséquente. Les tests menés par la rédaction suggèrent que la combinaison de capteurs lidar et de vision est particulièrement prometteuse pour une navigation robotisée optimale.
La station de base n’est pas en reste en termes d’innovations. Outre les deux réservoirs d’eau amovibles, le modèle P intègre un emplacement dédié pour une « solution désodorisante pour sol », offrant ainsi la possibilité de rafraîchir les sols lors du nettoyage, une option appréciable par rapport au simple lavage. La station est également dotée d’un système de nettoyage des tampons de serpillière par jet à haute pression, suivi d’un séchage à l’air chaud. DJI annonce par ailleurs un système de suppression du bruit avancé, réduisant le vacarme souvent associé aux stations à vidange automatique à un niveau sonore de 65 décibels.
Bien qu’une date de lancement aux États-Unis n’ait pas encore été communiquée, une évaluation approfondie du modèle européen est d’ores et déjà prévue.