Publié le 24 octobre 2025 – 11h45. Les dirigeants européens ont donné leur feu vert à la Commission pour proposer un plan de financement de l’Ukraine sur deux ans, ouvrant la voie à un prêt garanti par les avoirs russes gelés. L’objectif est de mobiliser 140 milliards d’euros pour soutenir Kyiv face à l’agression russe.
Lors d’un sommet à Bruxelles, les Vingt-sept ont chargé la Commission européenne de présenter une proposition concrète pour le financement de l’Ukraine sur les années 2026 et 2027. Cette décision, adoptée après d’intenses négociations, pourrait permettre de débloquer un prêt substantiel destiné à aider Kyiv, en utilisant une partie des avoirs de la Banque centrale russe gelés dans l’Union européenne. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a salué un « soutien politique » obtenu lors de ce sommet.
Volodymyr Zelensky, qui avait fait le déplacement pour plaider la cause de son pays, a exprimé son espoir de voir une « décision politique » concrétiser ce « prêt de réparation ». Il a souligné que la Russie, initiatrice du conflit, devait assumer les coûts de la guerre. L’idée est d’utiliser les actifs russes gelés pour accorder à l’Ukraine un prêt s’élevant à environ 140 milliards d’euros.
Le président du Conseil européen, Antonio Costa, s’est montré optimiste quant à la possibilité d’assurer les besoins financiers de l’Ukraine pour les deux années à venir. Cependant, des réticences subsistent, notamment du côté de la Belgique, pays où sont centralisés une grande partie des avoirs russes gelés. Le Premier ministre belge, Bart De Wever, a conditionné son accord à un partage équitable des risques, afin que les conséquences d’éventuelles contestations russes n’incombent pas uniquement à son pays.
Parallèlement, de nouvelles sanctions ont été annoncées par les États-Unis, ciblant spécifiquement le secteur pétrolier russe. Ces mesures visent Rosneft et Lukoil, interdisant aux entreprises américaines de commercer avec ces deux compagnies. Ces sanctions ont d’ailleurs entraîné une hausse des prix du pétrole de plus de 5% ce jeudi, suscitant des craintes quant à la stabilité de l’approvisionnement mondial.
Ces annonces interviennent dans un contexte de tensions persistantes. Malgré les efforts diplomatiques, notamment un projet de sommet entre le président américain Donald Trump et Vladimir Poutine en Hongrie qui n’a pas abouti, la Russie continue ses bombardements en Ukraine. Ce jeudi, plusieurs personnes, dont deux journalistes, ont été tuées dans des attaques russes selon les autorités ukrainiennes et des médias locaux.
De son côté, Vladimir Poutine a minimisé l’impact des sanctions annoncées, affirmant qu’elles n’auraient pas de conséquences significatives sur l’économie russe. La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a qualifié ces mesures de « contre-productives », soulignant la « forte immunité » développée par la Russie face aux restrictions occidentales. La Chine s’est également déclarée opposée à ces sanctions.
Le président russe a par ailleurs réaffirmé sa volonté de poursuivre le dialogue, tout en menaçant de représailles « énergiques, voire surprenantes » en cas d’attaque contre le territoire russe avec des missiles américains. L’Ukraine, de son côté, réclame activement à Washington ce type d’armement.
Le dispositif de sanctions de l’UE prévoit également une interdiction totale des importations de gaz naturel russe d’ici 2026. Il cible également la « flotte fantôme » de pétroliers que Moscou utiliserait pour contourner les mesures restrictives occidentales. Emmanuel Macron a dénoncé le fait que ce commerce, estimé à plus de 30 milliards d’euros, finance « entre 30% et 40% » de l’effort de guerre russe en Ukraine.