Publié le 16 février 2024 14:35:00. Les médecins de toute la France débutent ce lundi une série de grèves reconductibles, par vagues mensuelles, pour obtenir un statut spécifique garantissant de meilleures conditions de travail et une reconnaissance de leur profession.
- Une première semaine de grève est prévue du 27 au 30 avril, suivie de deux autres en mai et juin.
- Au Pays Basque, près de 9 000 médecins sont appelés à participer au mouvement.
- Les revendications principales portent sur la négociation des conditions de travail directement avec le ministère de la Santé et la révision de la classification professionnelle.
Les médecins français entament ce lundi une mobilisation inédite. Ils ont décidé de recourir à des grèves par vagues mensuelles, jusqu’en juin, pour faire entendre leurs revendications auprès du ministère de la Santé. L’objectif est d’obtenir un statut spécifique, distinct de celui des autres personnels soignants, qui protège leurs conditions de travail et reconnaît leur rôle.
Le calendrier prévoit des arrêts de travail du 27 au 30 avril, du 18 au 22 mai et du 15 au 19 juin. Au Pays Basque, l’appel à la grève a mobilisé près de 9 000 médecins, qui se rassembleront ce jour à 11 heures sur le boulevard de Donostia.
Selon Ana Santorcuato, déléguée du Syndicat Médical d’Euskadi, le cœur du problème réside dans l’impossibilité pour les médecins de négocier directement leurs conditions de travail avec le ministère. Elle explique que les discussions doivent porter sur des points qui ne sont pas pris en compte dans le projet de statut-cadre actuellement sur la table, un projet qui a été signé avec une autre représentation syndicale ne représentant pas la profession médicale et universitaire.
« La principale raison de l’appel à la grève est que les conditions de travail des médecins « peuvent être négociées par le groupe lui-même » à une table avec le Ministère de la Santé, et que l’on aborde des conditions « qui ne sont pas incluses dans le nouveau projet qu’ils ont présenté et signé avec une autre représentation syndicale dans laquelle la profession médicale et universitaire n’est pas incluse ». »
Ana Santorcuato, déléguée du Syndicat Médical d’Euskadi
La révision de la classification professionnelle est également une revendication majeure. Les médecins souhaitent une meilleure reconnaissance de leur travail, notamment en ce qui concerne la prise en compte de leur expérience et de leur contribution à la retraite.
« Revoir le type de journée, comment elle est reconnue, comment elle contribue et comment elle doit être orientée vers la retraite »
Ana Santorcuato, déléguée du Syndicat Médical d’Euskadi
Cette mobilisation fait suite à une manifestation qui s’est tenue samedi à Madrid, où des milliers de médecins ont réclamé un statut spécifique pour améliorer non seulement leurs conditions de travail, mais aussi la qualité des soins prodigués aux patients. La médecin de première ligne Raquel González, travaillant à la clinique externe Amara Berri de Saint-Sébastien, témoigne de la pression croissante à laquelle sont confrontés les praticiens :
« Nous, médecins, n’avons pas été pris en compte et nous avons enduré des journées terribles pendant des années. La plupart du temps, nous passons de 27 patients à 40. »
Raquel González, médecin de première ligne
Après 25 ans de service au sein d’Osakidetza, elle affirme soutenir la grève, non seulement pour elle-même, mais aussi pour les patients, qui méritent des soins de qualité et sûrs.