Home Sciences et technologies Procès judiciaire à Los Angeles : le patron d’Instagram nie le potentiel addictif des médias sociaux

Procès judiciaire à Los Angeles : le patron d’Instagram nie le potentiel addictif des médias sociaux

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Los Angeles est le théâtre d’un procès potentiellement historique qui pourrait redéfinir la responsabilité des réseaux sociaux dans la dépendance de leurs utilisateurs. Le PDG d’Instagram, Adam Mosseri, a témoigné cette semaine, niant que sa plateforme crée une dépendance clinique, tandis qu’une jeune femme de 20 ans accuse les géants du web d’avoir intentionnellement conçu leurs services pour captiver et asservir leurs utilisateurs.

La plaignante, identifiée uniquement par le sigle KGM, soutient que l’utilisation intensive des réseaux sociaux durant son enfance est à l’origine de sa dépression, de troubles anxieux et d’une perception déformée de son image corporelle. Meta, la société mère d’Instagram et Facebook, rejette fermement ces accusations.

« Même si les utilisateurs peuvent développer une habitude, comme regarder une série télévisée, cela ne relève pas d’une dépendance clinique », a déclaré Adam Mosseri devant le tribunal, selon le New York Times. Meta affirme que les preuves démontreront que KGM rencontrait déjà des difficultés importantes bien avant de commencer à utiliser les réseaux sociaux. La société a également mis en avant les mesures mises en place pour protéger les jeunes utilisateurs, notamment des comptes spécifiques pour les adolescents et des outils de contrôle parental.

L’avocat de la plaignante, Mark Lanier, a adopté une rhétorique plus virulente, accusant les entreprises de ne pas seulement développer des applications, mais de construire de véritables « pièges ». « Ils ont créé une dépendance dans le cerveau des enfants », a-t-il affirmé lors de sa plaidoirie liminaire lundi, présentant des documents internes de Meta et de Google pour étayer ses allégations d’intentionnalité.

Un représentant de YouTube, appartenant à Google, a également contesté les accusations, arguant que la plaignante n’était pas dépendante de sa plateforme et que YouTube ne pouvait être considéré comme un réseau social à proprement parler. Il a précisé que KGM n’avait passé en moyenne que 29 minutes par jour sur YouTube entre 2010 et 2024.

Le témoignage de Mark Zuckerberg, PDG de Meta, est prévu le 18 février, suivi de celui de Neal Mohan, patron de YouTube, le lendemain. L’issue de ce procès pourrait avoir des répercussions considérables sur d’autres affaires similaires et potentiellement entraîner des dommages et intérêts considérables pour les entreprises concernées, voire les obliger à repenser la conception de leurs services.

Par ailleurs, la question de la régulation des réseaux sociaux, notamment par le biais d’interdictions pour les mineurs, est actuellement débattue dans de nombreux pays, à l’instar du modèle australien. Cependant, certains experts soulignent qu’une interdiction pure et simple ne suffirait pas à résoudre le problème, car les jeunes utilisateurs continueraient à être confrontés aux mêmes risques dès qu’ils atteindraient l’âge légal.

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