Publié le 24 avril 2024 10:43. Une rencontre entre Donald Trump et Vladimir Poutine est envisagée à Budapest, dans le but affiché de discuter d’une issue au conflit ukrainien. Cependant, les experts militaires expriment un profond scepticisme quant à la capacité de cette rencontre à aboutir à une paix durable.
- Une fin de la guerre en Ukraine est jugée peu probable dans le contexte actuel.
- Le gel du conflit, seule option envisageable à court terme, est considéré comme inefficace.
- La fin définitive de la guerre ne sera possible qu’avec la disparition de l’une des parties belligérantes.
Alors que Donald Trump et Vladimir Poutine ont convenu d’une possible rencontre à Budapest pour explorer les voies de sortie du conflit russo-ukrainien, l’expert militaire Oleg Jdanov se montre pessimiste quant à l’issue de ces pourparlers. D’après lui, tant que les objectifs politiques fixés par l’une des parties ne sont pas atteints, la guerre continuera d’être un instrument politique, même s’il regrette que ce soit par des moyens brutaux.
Dans une analyse partagée avec TSN.ua, Oleg Jdanov estime que cette rencontre ne produira aucun résultat concret. Il craint même que Donald Trump, en rencontrant Vladimir Poutine dans un pays de l’Union européenne et de l’OTAN comme la Hongrie, ne fasse que légitimer davantage le dirigeant russe sur la scène internationale. « Poutine sera accueilli. C’est un pas de plus vers l’Olympe de la politique mondiale, la légalisation de Poutine dans la société internationale », explique l’expert militaire.
Face à cette situation, Oleg Jdanov ne voit pas encore de conditions réunies pour une fin de la guerre en Ukraine. L’unique scénario envisageable à court terme serait un « gel du conflit », une stratégie qu’il juge cependant inefficace, en citant l’exemple de la situation à Gaza. « Même si Donald Trump a personnellement garanti que tout s’arrêterait là-bas », précise-t-il, faisant allusion à un accord de paix signé par l’ancien président américain.
Le spécialiste militaire suggère que la Russie pourrait opter pour une « pause opérationnelle », compte tenu des difficultés économiques et du manque de moyens pour l’achat de matériel et de mercenaires. Cependant, il conditionne cette pause à l’obtention par Poutine d’une « tête de pont sur la rive droite du Dniepr », indispensable selon lui pour éviter un coûteux franchissement du fleuve. Si cette tête de pont est établie, Poutine pourrait alors envisager une pause opérationnelle jusqu’en 2028, date à laquelle le Commandement de l’OTAN en Europe anticipe que la Russie pourrait être prête à s’étendre sur le territoire de l’UE.
Pour Oleg Jdanov, la fin définitive de la guerre n’est possible qu’à travers la « disparition de l’une des parties ». Il rappelle la rhétorique russe de 2022, où il était dit que l’Ukraine était tuée « pour qu’elle aime [la Russie] ». La destruction d’un État est donc, selon lui, un processus intégral pour mettre fin à un conflit.
Dans une perspective plus cynique, l’Ukraine pourrait maintenir sa capacité de résistance jusqu’en 2042, en mobilisant l’ensemble de ses ressources humaines, une estimation déjà évoquée par le général Kyrylo Boudanov. Cependant, la durée de la guerre ne dépend pas uniquement des ressources humaines, mais aussi de l’économie et du soutien militaire occidental. « Si effectivement l’Europe ne s’arrête pas et ne réduit pas, mais augmente le volume de l’assistance militaire qui nous est fournie, alors ces chiffres, les délais peuvent être révisés », conclut Oleg Jdanov. Il souligne que sans l’aide technologique et militaire des partenaires, la supériorité numérique de la Russie rendrait la parité ou un avantage difficile à obtenir.