Publié le 2024-02-29 14:35:00. L’Iran est le théâtre de violentes répressions contre des manifestations populaires, tandis que la communauté internationale est accusée de silence complice face à un régime accusé de crimes massifs et de manipulation de l’information.
- Des dizaines de milliers de personnes auraient été tuées lors des récentes manifestations en Iran.
- Le régime iranien est accusé de forcer les familles des victimes à faire de fausses déclarations pour dissimuler la vérité.
- Des appels sont lancés à la Suède et à la communauté internationale pour qu’ils agissent face à la répression.
La situation en Iran, loin d’être une simple série de protestations, représente une révolte profonde contre plus de quatre décennies d’oppression, de violence et de répression étatique. Les manifestants, issus de tous les horizons, ne réclament plus des réformes, mais la chute pure et simple de la République islamique.
Les troubles actuels, qui ont débuté dans les bazars de Téhéran en raison d’une crise économique désastreuse, se sont rapidement propagés à travers le pays. Au-delà des revendications économiques, un sentiment général d’indignation face à un système perçu comme corrompu et répressif anime les protestataires.
La réponse du régime, selon de nombreux témoignages, est d’une brutalité extrême. Des rapports évoquent le chiffre alarmant de 30 000 personnes tuées depuis le début des manifestations, sans compter les milliers d’autres emprisonnées. L’accès à l’information est fortement restreint, notamment par des coupures d’Internet, rendant difficile l’évaluation précise de l’ampleur des violences. Cependant, les rares moments de connexion ont permis de diffuser des vidéos témoignant de la violence des forces de sécurité.
Des tirs sur des manifestants désarmés
Un témoignage poignant, recueilli auprès d’un habitant de Téhéran souhaitant rester anonyme par souci de sécurité, illustre la réalité vécue par les manifestants. Cet étudiant a été témoin de tirs directs des forces de l’ordre sur des personnes non armées, réclamant simplement liberté et égalité. Un de ses camarades de classe a disparu dans la foule et son corps a été retrouvé quelques jours plus tard à Kahrizak.
La famille de l’étudiant a été soumise à une pression inacceptable pour récupérer le corps de leur enfant. Les autorités ont exigé qu’ils reconnaissent que leur fils était membre de la milice Basij (une organisation paramilitaire iranienne) et qu’il avait participé à des manifestations pro-régime, sous peine de ne pas pouvoir organiser de funérailles. La famille a finalement cédé, contrainte d’accepter ce mensonge pour pouvoir dire adieu à son enfant.
Cet épisode, loin d’être isolé, révèle la stratégie du régime iranien de harceler et de menacer les familles endeuillées, les obligeant à falsifier la vérité pour protéger son pouvoir. De nombreuses familles ont également été contraintes de verser des sommes considérables – parfois dépassant un milliard de tomans iraniens – pour récupérer les corps de leurs proches ou pour participer à des aveux forcés diffusés par les médias d’État.
Il s’agit d’une tactique bien connue de la République islamique, qui ne recule devant aucun crime pour maintenir son emprise sur le pouvoir, tout en cherchant à imposer sa propre version des faits à la communauté internationale. Ce qui se passe en Iran n’est pas un conflit armé, mais un massacre d’un peuple qui aspire à la liberté, abattu alors qu’il réclame ses droits fondamentaux.
C’est pourquoi un appel est lancé à la communauté internationale et aux gouvernements qui se disent défenseurs des droits de l’homme : croyez-vous vraiment aux mensonges répétés par le régime ? Ou votre silence est-il motivé par des intérêts diplomatiques et financiers ?
La Suède interpellée
Les manifestations en Iran ne sont pas un phénomène nouveau. Des soulèvements ont déjà eu lieu en janvier 2018, en novembre 2019, puis le mouvement Femme, Vie, Liberté, sans oublier les récents massacres. À chaque fois, la réponse du régime a été la même : une répression sanglante, sous le regard impuissant du monde entier.
L’attention est particulièrement portée sur la Suède, pays se présentant comme un champion des droits de l’homme. Fereshteh Javani, fondatrice du réseau Facebook « Nous sommes 4700 travailleurs », se demande si la Suède ne pourrait pas faire davantage pour mettre fin à ces violences. Elle soulève également la question de savoir si la Suède n’aurait pas contribué, par le biais de technologies fournies, à la répression des manifestants pacifiques.
Fereshteh Javanifondatrice du réseau Facebook « Nous sommes 4700 travailleurs »