Publié le 11 février 2026 à 18h03. La pénurie de carburant à Cuba s’aggravie, entraînant la suspension de vols par plusieurs compagnies aériennes canadiennes et mettant en péril le secteur touristique, pilier de l’économie de l’île.
- Plusieurs compagnies aériennes canadiennes, dont Air Canada, ont suspendu leurs vols vers Cuba en raison d’un manque de carburant.
- Le gouvernement allemand a émis un avertissement contre les voyages non essentiels à Cuba.
- La situation est exacerbée par l’embargo américain et l’interruption des livraisons de pétrole vénézuélien.
Cuba est confrontée à une crise énergétique aiguë qui affecte désormais le transport aérien. Depuis mardi, les aéroports cubains ne disposent plus de carburant commercial, une situation qui devrait perdurer jusqu’au 11 mars, selon l’Organisation de l’aviation civile internationale.
Air Canada, Air Transat et WestJet ont pris la décision de suspendre leurs vols vers l’île, un coup dur pour le tourisme, l’une des principales sources de revenus de Cuba. Air Canada prévoit également de rapatrier environ 3 000 citoyens canadiens actuellement en vacances sur l’île.
Le gouvernement allemand a également déconseillé à ses citoyens de se rendre à Cuba pour des voyages non essentiels, soulignant la précarité de la situation.
Cette crise s’inscrit dans un contexte économique difficile pour Cuba, qui subit un embargo commercial américain depuis 1962. L’île est confrontée à des pénuries chroniques de carburant, de médicaments, de nourriture et à des coupures d’électricité régulières.
La situation a été aggravée par l’arrestation récente du président vénézuélien Nicolás Maduro lors d’une opération militaire américaine et les accusations criminelles portées contre lui à New York. Le Venezuela était jusqu’alors un fournisseur important de pétrole pour Cuba.
Lundi, la présidente mexicaine Claudia Sheinbaum a confirmé l’interruption des expéditions de pétrole en provenance de son pays, en raison des menaces de tarifs douaniers de Washington. En janvier, l’ancien président américain Donald Trump avait signé un décret autorisant l’imposition de droits de douane aux pays qui vendent du carburant à Cuba, affirmant que cela conduirait à la chute du gouvernement de La Havane.
Le ministre cubain des Affaires étrangères, Bruno Rodríguez Parrilla, a réaffirmé le droit de son pays à importer du carburant de tout fournisseur désireux de le faire « sans ingérence ni subordination aux mesures coercitives unilatérales des États-Unis ».
Tourisme canadien
Le Canada est le premier marché émetteur de touristes vers Cuba, selon les données du Bureau national de statistiques et d’information (ONEI). Les annulations de vols risquent d’accentuer le déclin du secteur touristique, même parmi les voyageurs canadiens.
En 2025, Cuba a accueilli 1,8 million de visiteurs, le chiffre le plus bas depuis deux décennies, à l’exception des années de pandémie (2020-2022), selon Bloomberg. Cette baisse représente 18 % par rapport à 2024. Le record de 2018, avec 4,6 millions de touristes, semble lointain, une période marquée par une amélioration temporaire des relations entre Cuba et les États-Unis sous les administrations de Barack Obama et de Raúl Castro.
Le nombre de touristes canadiens a diminué de 12,41 % en 2025, atteignant 754 010 personnes. Air Canada exploite actuellement 16 vols hebdomadaires vers quatre destinations cubaines au départ de Toronto et de Montréal, qui seront interrompus pendant la durée de la pénurie de carburant.
Le tourisme a généré 917 millions de dollars pour l’économie cubaine en 2025, un chiffre inférieur à l’objectif de 1,2 milliard de dollars, selon Bloomberg, qui cite le ministère de l’Économie et du Plan. Le secteur du tourisme représente environ 70 % du produit intérieur brut du secteur des services cubain.