Séville, le 9 février 2026. La Fondation Cajasol rend hommage à Cayetano González, l’un des orfèvres les plus influents de Séville au XXe siècle, à travers une exposition monographique exceptionnelle qui présente près de 250 œuvres, un mois après le cinquantième anniversaire de sa disparition.
- Une exposition exceptionnelle rassemble près de 250 œuvres de l’orfèvre Cayetano González à la Fondation Cajasol.
- L’exposition met en lumière la diversité de son talent, allant de l’argenterie à la broderie en passant par l’imagerie religieuse.
- Les confréries de la Passion, de l’Amertume, du Silence et du Calvaire sont à l’origine de cet hommage.
La Fondation Cajasol accueille jusqu’au 10 mars une rétrospective inédite consacrée à Cayetano González (1896-1975), figure majeure de l’art sévillan. L’inauguration, qui s’est tenue ce mardi, a rassemblé Antonio Pulido, président de la fondation Cajasol, Manuel Alés, délégué aux Grandes Fêtes de la mairie de Séville, Francisco Vélez, président du Conseil des Confréries, ainsi que les commissaires de l’exposition, José Roda Peña et Antonio Joaquín Santos.
Selon José Roda Peña, Cayetano González est « l’une des figures les plus importantes de la scène artistique sévillane du XXe siècle ». Il souligne que sa production reflète « la pluralité des courants stylistiques historiques qui ont convergé autour de la genèse et du développement de l’Exposition ibéro-américaine de 1929 », un événement qui approche de son centenaire.
« Dans ses créations, on observe une prédominance marquée du baroque, bien que l’on y retrouve également des influences gothiques, mudéjares ou de la Renaissance, comme c’est souvent le cas chez les architectes actifs dans le régionalisme andalou. »
José Roda Peña, commissaire de l’exposition
L’exposition présente un panorama complet de l’œuvre de l’orfèvre, considéré comme un « artiste polyédrique » dont les créations ont été très demandées par les confréries religieuses et les orfèvres pendant une grande partie du XXe siècle. Toutes les salles de l’espace d’exposition, situé rue Álvarez Quintero, sont occupées par des œuvres et des dessins issus de sa vaste production, qualifiée de révolutionnaire par rapport à celle de Juan Manuel Rodríguez Ojeda, une génération précédente.
Le patrimoine exposé est riche et varié, avec des pièces provenant de Séville et d’autres régions d’Andalousie. L’Athénée de Séville, le diocèse de Malaga, les confréries de l’Amertume, de l’Amour, du Calvaire, du Grand Pouvoir, Hiniesta, Jésus dépouillé, Los Panaderos, Pasión, Las Penas, Santa Cruz, Santa Marta, Silencio, el Valle, la Vera Cruz de Aracena, Quinta Angustia de Calmona, el Cautivo de Écija, Araceli de Lucena, Pasión de Málaga, ainsi que les paroisses de l’Omnium Sanctorum de Séville et de Santa María de Écija ont contribué à cette collection. Des œuvres issues de collections privées, notamment celles des trois filles de l’orfèvre, Rosa María, Teresa et María, sont également présentées.
Les confréries de la Passion, de l’Amertume, du Silence et du Calvaire, à l’origine des événements commémoratifs organisés à l’occasion du cinquantième anniversaire de la mort de Cayetano González, sont au cœur de cette exposition. Seule la pièce maîtresse, le Paso de Nuestro Padre Jesús de la Pasión (1946-1949), manque encore à l’ensemble. Il sera installé au centre du patio de la fondation à partir du 23 février, pour le plus grand plaisir des visiteurs.
Antonio Joaquín Santos a détaillé le parcours de l’exposition, qui met en avant la « grande habileté de dessinateur et de designer » de Cayetano González. La première salle présente ses dessins originaux pour des carreaux, de l’orfèvrerie et de la broderie, dont beaucoup n’ont jamais été réalisés, ainsi que des œuvres ornementales pour des processions et des affiches. On y trouve notamment une guitare en argent et le tabernacle de la paroisse Omnium Sanctorum.
L’espace suivant est consacré à l’argenterie pour le culte divin, avec le tabernacle de Santa María de Écija, le fronton d’argent de Santa Marta et un calice unique conservé par la confrérie du Calvaire. Une place importante est également réservée à la sculpture, notamment au célèbre mystère du mépris d’Hérode de l’Amertume (1938-1940), dont les figures secondaires sont disposées de manière à évoquer leur apparition dans les rues lors des processions.