Home International Quels enjeux pourraient décider des élections de 2026 au Danemark ?

Quels enjeux pourraient décider des élections de 2026 au Danemark ?

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La Première ministre danoise, Mette Frederiksen, a annoncé des élections législatives anticipées pour le 24 mars, lançant une course imprévisible où plusieurs questions économiques et de sécurité pourraient redéfinir le paysage politique du pays.

Cette décision intervient alors que le gouvernement de coalition bénéficie d’un regain de popularité dans les sondages, notamment grâce à sa gestion de la crise diplomatique avec les États-Unis concernant le Groenland. Toutefois, la majorité parlementaire reste fragile et l’issue du scrutin incertaine.

« C’est désormais à vous, électeurs, de décider de la direction que prendra le Danemark pour les quatre prochaines années, et j’attends cela avec impatience », a déclaré Frederiksen devant le Parlement jeudi.

Au cœur des débats se trouve la question de la Grande Journée de prière, un jour férié supprimé en 2023 par la coalition au pouvoir afin d’augmenter les recettes fiscales et financer les dépenses de défense. Le Parti populaire socialiste (SF), en pleine ascension dans les sondages, a fait du rétablissement de cette fête une condition pour soutenir un futur gouvernement dirigé par Frederiksen. Plusieurs partis d’opposition de droite, dont l’Alliance libérale, les Démocrates danois et le Parti populaire danois, se sont également prononcés en faveur de son retour, ce qui pourrait constituer un point de convergence inattendu.

L’identité du prochain Premier ministre danois en cas de victoire de la droite reste cependant floue. Si Troels Lund Poulsen, leader du parti libéral Venstre et actuel ministre de la Défense, est le candidat le plus évident, il n’a pas encore officiellement déclaré son intention de briguer le poste. Dans le système multipartite danois – où 11 partis sont actuellement représentés au Parlement – la formation d’une majorité unipartite est quasiment impossible, et les alliances traditionnelles entre les blocs rouges (gauche) et bleus (droite) pourraient être remises en question.

La sécurité et les relations avec les États-Unis devraient également occuper une place centrale dans la campagne. Frederiksen a souligné la nécessité pour le Danemark de continuer à se réarmer et à contribuer à la sécurité de l’Europe face à la Russie. Elle a également insisté sur la nécessité de redéfinir les relations avec les États-Unis, fragilisées par les déclarations controversées de Donald Trump concernant le Groenland.

Par ailleurs, le coût de la vie, et plus particulièrement le prix des denrées alimentaires, constitue une préoccupation majeure pour les Danois. Le débat sur la réduction de la TVA sur les produits alimentaires, actuellement fixée à 25 % (mamans), est donc susceptible de prendre de l’ampleur.

Enfin, la question de l’impôt sur la fortune, récemment relancée par Frederiksen, divise profondément la coalition au pouvoir. La Première ministre estime qu’il est nécessaire de lutter contre les inégalités, soulignant que le 1 % le plus riche de la population détient environ un quart de la richesse nette totale du pays. « Nous proposons donc un impôt sur la fortune. Le Danemark n’est pas devenu une société riche et forte à cause des inégalités. Bien au contraire », a-t-elle déclaré. Cette proposition a immédiatement été rejetée par Lars Løkke Rasmussen, ministre des Affaires étrangères, qui y voit un frein à l’attractivité du pays pour les entreprises.

À un mois du scrutin, plusieurs scénarios restent possibles : un maintien de la coalition centriste actuelle, un gouvernement de gauche dirigé par Frederiksen, ou une victoire de la droite, qui pourrait nécessiter le soutien de partis d’extrême droite pour former une majorité.

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