La course à la mairie de Nice s’annonce explosive. L’affrontement entre Christian Estrosi, l’édile sortant, et Eric Ciotti, figure montante de la droite, promet une bataille acharnée lors des élections municipales des 15 et 22 mars, révélant les profondes fractures qui traversent le paysage politique français.
Longtemps partenaires, Christian Estrosi et Eric Ciotti ont vu leur relation se dégrader au fil des années. Alors que Christian Estrosi s’est rapproché du camp présidentiel, Eric Ciotti a, lui, pris ses distances avec Les Républicains (LR) pour s’allier au Rassemblement national après les élections européennes de 2024. Cette divergence idéologique a fini par les opposer directement dans la course à la mairie de Nice.
Eric Ciotti a fondé l’Union de la droite pour la République (UDR) tandis que Christian Estrosi est devenu vice-président d’Horizons, le parti d’Edouard Philippe. Cette nouvelle configuration politique a rendu inévitable une confrontation directe entre les deux anciens alliés.
Au cœur du programme d’Eric Ciotti figure une mesure phare : l’annulation de la hausse de la taxe foncière de 2023, jugée excessive par une partie des Niçois. « Ma première mesure, si j’étais élu, serait d’annuler l’augmentation d’impôts de 19 pour cent mise en place l’année dernière », a-t-il déclaré. Il promet également des écoles « chauffées ou climatisées », la rénovation des infrastructures sportives et la réparation des trottoirs dégradés. Ciotti envisage également de démolir le palais des congrès OcéanNice et de restaurer le port de Nice, avec un projet de remplacement du centre OcéanNice censé dynamiser le tourisme et l’économie locale.
Le candidat à la mairie propose également un retour des voitures au centre-ville, avec davantage de places de stationnement et un modèle tarifaire inspiré de Cannes : deux heures de stationnement gratuites. Pour renforcer la sécurité, il souhaite doubler le nombre de policiers sur le terrain.
Christian Estrosi, quant à lui, mise sur la culture pour sa campagne de réélection. Il prévoit d’investir 100 millions d’euros (environ 108 millions de dollars américains) dans ce domaine au cours de son prochain mandat, soit 18 millions d’euros par an. Son projet phare est la construction du Palais des Arts et de la Culture. Il envisage également la rénovation du Théâtre de Verdure, la transformation de la Gare du Sud en un espace culturel et la création d’une nouvelle bibliothèque dans le quartier Saint-Isidore.
Estrosi souhaite également ouvrir les musées le soir une fois par mois, augmenter le nombre de biennales d’art et relancer l’« École de Nice », un mouvement artistique emblématique des années 1950 et 1970. En parallèle, il a annoncé dix mesures pour améliorer la qualité de vie des familles niçoises, notamment en étendant les horaires d’ouverture des crèches et en proposant des garderies le samedi.
Le soutien de LR à Christian Estrosi a suscité des désaccords au sein du parti. David Lisnard, maire LR de Cannes, a publiquement affiché son soutien à Eric Ciotti, estimant que LR ne devait pas soutenir ceux qui ont œuvré contre ses intérêts. L’assemblée des élus de la région est ainsi divisée entre partisans de Ciotti et d’Estrosi.
À ce stade, aucun sondage n’a été publié pour désigner un favori clair. L’issue de cette élection pourrait avoir des répercussions sur les élections présidentielles de 2027. Une victoire d’Estrosi pourrait favoriser Edouard Philippe, candidat déclaré à l’élection présidentielle, tandis qu’un succès de Ciotti signalerait un virage à droite et serait bien accueilli par l’extrême droite.