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Qu’est-ce que l’ordre international fondé sur des règles et que reste-t-il ?

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Publié le 18 février 2026 00:56:00. L’idée d’un « ordre international fondé sur des règles » est de plus en plus remise en question par les grandes puissances, de Washington à Moscou, laissant planer un doute sur l’avenir de la coopération multilatérale et ouvrant la voie à un monde potentiellement plus conflictuel.

  • Le secrétaire d’État américain Marco Rubio considère l’expression d’« ordre international fondé sur des règles » comme un cliché, tandis que le chef de file de l’opposition allemande, Friedrich Merz, affirme qu’il n’existe plus.
  • Le Premier ministre canadien Marc Carney a publiquement dénoncé en janvier 2026 les failles et les incohérences de ce système, soulignant que les grandes puissances ne s’y conforment pas toujours.
  • La Russie et d’autres pays estiment que cet ordre est trop centré sur les intérêts des États-Unis.

L’expression « ordre international fondé sur des règles » fait l’objet d’un débat croissant au sein de la communauté internationale. Si elle désigne généralement un système de lois, d’accords et d’institutions multilatérales censé régir les relations entre États selon des principes libéraux, sa pertinence est aujourd’hui contestée par plusieurs acteurs majeurs.

En janvier 2026, le Premier ministre canadien Marc Carney a attiré l’attention sur les limites de ce concept lors d’un discours remarqué. Il a alors déclaré :

« Nous savions que l’histoire de l’ordre international fondé sur des règles était en partie fausse, que les plus forts ne s’y conformaient pas quand cela leur convenait, que les règles commerciales étaient appliquées de manière asymétrique et que le droit international était appliqué plus ou moins rigoureusement, selon l’identité de l’accusé ou de la victime. Arrêtez d’invoquer l’ordre international fondé sur des règles comme s’il fonctionnait toujours comme annoncé. »

Marc Carney, Premier ministre canadien

Ce système, qui a émergé après la Seconde Guerre mondiale, s’appuie sur des piliers tels que l’ONU et les institutions de Bretton Woods. Ces dernières, créées en 1944, ont établi un ensemble de règles financières visant à garantir la convertibilité des monnaies en dollars américains, lesquels étaient eux-mêmes convertibles en or pour les institutions financières internationales comme le Fonds monétaire international.

Cependant, l’essor des guerres commerciales et la remise en question du rôle de l’ONU fragilisent aujourd’hui les fondements de cet ordre international. Marco Rubio, lors de la Conférence de Munich sur la sécurité, a reconnu le « potentiel énorme » de l’ONU, tout en soulignant son incapacité à répondre aux défis actuels :

« Sur les questions les plus urgentes dont nous sommes confrontés, elle n’a aucune réponse et n’a joué pratiquement aucun rôle. »

Marco Rubio, secrétaire d’État américain

Les États-Unis ont même tenté de créer des structures alternatives, comme le Conseil de la Paix promu par Donald Trump.

L’ordre international fondé sur des règles n’a jamais été universellement accepté. Des pays comme l’Iran et la Russie, qui suivent des logiques différentes, n’ont jamais pleinement adhéré à ce système. Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a ainsi affirmé que « la domination des États-Unis : telle est l’essence du fameux ordre fondé sur des règles ».

Selon le professeur Stefan Wolff, chercheur au Foreign Policy Center, « ses éléments clés sont largement acceptés comme des paramètres utiles à l’intérieur desquels les pays devraient conduire leurs relations extérieures ». Il souligne également que ce système n’a pas uniquement profité aux nations occidentales, citant notamment le principe d’autodétermination des peuples, inscrit dans la Charte des Nations Unies, qui a joué un rôle crucial dans la décolonisation.

L’avenir de cet ordre international est incertain. Le second mandat de Donald Trump a été marqué par le retrait des États-Unis de nombreuses organisations internationales, notamment dans les domaines du climat, de la santé, du commerce et de l’énergie. Avec une politique étrangère américaine de plus en plus isolationniste et des tensions croissantes entre les États-Unis et l’Europe, il est difficile d’envisager un retour à la situation antérieure.

« Il a certes subi une grave détérioration, mais il s’agit d’un choix, notamment de la part de la Russie sous Poutine et des États-Unis sous Trump », explique Stefan Wolff. La question qui se pose désormais est de savoir ce qui remplacera cet ordre. L’expert estime qu’il faudra du temps pour établir une nouvelle structure, mais qu’il sera toujours nécessaire de définir des règles, même si elles sont différentes. Il anticipe un ordre « beaucoup moins libéral, moins attentif aux besoins des groupes marginaux et vulnérables, et plus sujet aux conflits ».

(gg/ms)

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