Un nouveau réseau social, baptisé Sora, promet de révolutionner la création de contenu vidéo en la confiant entièrement à l’intelligence artificielle. Dévoilée le 30 septembre, cette plateforme développée par OpenAI se positionne comme un espace où l’IA ne se contente pas de générer, mais devient le cœur même de l’interaction sociale.
La promesse d’OpenAI avec Sora est audacieuse : un réseau social où chaque vidéo diffusée est le fruit d’une création par intelligence artificielle. S’appuyant sur le modèle vidéo génératif de pointe d’OpenAI, également nommé Sora et lancé en février 2024, cette application mobile ambitionne de transformer notre manière de produire et de consommer du contenu visuel.
Pour l’heure, Sora reste un projet d’initiés. Son accès est restreint, limité à un groupe d’utilisateurs sélectionnés aux États-Unis et au Canada, et ce, sur invitation uniquement. OpenAI n’a pour le moment communiqué aucune date prévisionnelle quant à une ouverture généralisée au grand public.
Lors d’une démonstration, Thomas Dimson, ingénieur chez OpenAI, a décrit Sora comme « une interface familière si vous avez déjà utilisé les réseaux sociaux ». La différence majeure, cependant, réside dans l’origine du contenu : à l’inverse de plateformes comme TikTok ou YouTube, « tout le contenu qui s’y trouvera aura été généré par IA », a-t-il précisé. Dimson a tenu à souligner que les publications ne proviendraient pas de faux comptes automatisés, mais seraient « mises en ligne par des humains », offrant ainsi « une impression intéressante », « différente de tout ce que j’ai pu utiliser jusqu’ici. Cela ressemble à un nouveau média. »
Des exemples concrets ont illustré le potentiel de Sora. Rohan Sahai, un autre ingénieur de l’entreprise, a ainsi présenté une vidéo le mettant en scène dans une simulation ultra-réaliste d’un match sur le court central de l’US Open de tennis, suivi d’une conférence de presse fictive post-victoire.
Le concept central de Sora est de permettre aux utilisateurs de générer des vidéos par IA et d’interagir avec le contenu créé par leurs contacts. L’application intègre une fonctionnalité nommée « Camée », permettant d’insérer une personne dans une vidéo sur simple demande, formulée en langage courant et avec l’accord préalable de la personne concernée.
« Beaucoup de réseaux sociaux tendent à s’éloigner des connexions entre amis et membres d’une famille », a observé Thomas Dimson. « Nous pensons que Sora peut se concentrer là-dessus parce que c’est vraiment facile de créer. »
L’arrivée de Sora s’inscrit dans un mouvement plus large d’intégration de l’IA dans la création vidéo. Elle survient moins d’une semaine après le lancement de Meta Vibes par Meta, une nouvelle fonctionnalité sur l’application Meta AI dédiée au partage de vidéos générées par intelligence artificielle. En septembre 2025, YouTube avait lui aussi introduit de nouveaux outils de génération vidéo IA, tandis que TikTok voit ces contenus se multiplier sur sa plateforme.
À l’heure où les « deepfakes » et la désinformation en ligne suscitent des inquiétudes croissantes, la prolifération de vidéos artificielles sur les réseaux sociaux pose question. Face à ces enjeux, Rohan Sahai a affirmé que Sora reposait sur des modèles conçus pour « rendre la création de contenu nocif vraiment difficile » sur l’application, revendiquant par ailleurs une approche « conservatrice » en matière de modération.