Home International Qu’est-ce qui rend les Norvégiens si bons en ski et en sports d’hiver ?

Qu’est-ce qui rend les Norvégiens si bons en ski et en sports d’hiver ?

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La Norvège a une fois de plus dominé les Jeux olympiques d’hiver, concluant l’édition 2026 à Milan-Cortina avec un palmarès impressionnant de 41 médailles, dont 18 en or. Ce succès retentissant confirme la position du pays comme une véritable puissance dans les sports d’hiver, malgré sa population relativement modeste.

Avec un total de 41 médailles – 18 or, 12 argent et 11 bronze – la Norvège a largement dépassé des nations beaucoup plus peuplées, comme les États-Unis et la Chine, au classement final. Johannes Høsflot Klæbo, figure emblématique des Jeux, a particulièrement brillé en ski de fond, remportant six médailles d’or et portant son nombre total de titres olympiques à 11, un record absolu dans les sports d’hiver et le deuxième plus grand nombre de médailles d’or olympiques de tous les temps, derrière le nageur américain Michael Phelps.

L’amour du ski est profondément ancré dans la culture norvégienne. Il est courant, même à Oslo, de croiser des skieurs sur le chemin du travail. Une plaisanterie locale affirme qu’un adulte débutant en ski aura plus de difficultés à rivaliser avec un enfant de trois ans déjà à l’aise sur les pistes.

Mais qu’est-ce qui explique cette suprématie norvégienne en matière de ski ? Si l’on attribue souvent ce succès à un talent inné, une étude menée par UNG.forskning.no révèle que des facteurs scientifiques et culturels jouent un rôle déterminant. La tradition du ski en Norvège remonte à des millénaires, attestée par des gravures rupestres datant de 4 000 à 5 000 ans, et les chercheurs estiment que les populations samis utilisaient déjà des skis il y a 6 000 à 8 000 ans.

Cette longue histoire a conduit à des expérimentations précoces en matière de fartage. Bien avant les technologies modernes, les skieurs utilisaient du sel, du beurre, voire du hareng, pour améliorer l’adhérence de leurs skis sur la neige.

L’approche norvégienne du sport pour les jeunes est un élément clé de ce succès. Contrairement à d’autres pays où la pression de la performance est forte dès le plus jeune âge, les programmes sportifs norvégiens ne tiennent pas de scores ni de classements avant l’âge de 12 ans. Cette règle vise à réduire le stress et à prévenir l’épuisement précoce des athlètes. Les enfants sont également encouragés à pratiquer différents sports et à s’amuser, l’objectif principal étant de les fidéliser à l’activité physique.

« Notre rêve est que chacun trouve un sentiment d’appartenance à la nature norvégienne », témoigne l’importance accordée à l’épanouissement personnel.

Cette philosophie a impressionné des experts comme Brad Stulberg, auteur de « The Way of Excellence », qui a déclaré à CNN que les Américains pourraient s’inspirer de cette approche, soulignant que la plupart des jeunes athlètes abandonnent le sport parce qu’ils cessent d’y trouver du plaisir.

Environ 93 % des enfants norvégiens sont membres d’un club sportif, selon la Confédération norvégienne des sports. Dans un pays peu peuplé, la Norvège ne peut pas se permettre de perdre des talents potentiels. Des athlètes de haut niveau comme Erling Haaland, footballeur de renommée mondiale, et Johannes Høsflot Klæbo ont ainsi pu grandir dans ce système de soutien. Haaland, par exemple, a joué dans un groupe mixte de 40 enfants jusqu’à l’âge de 16 ans, sans distinction entre les équipes « élite » et « seconde division ». Klæbo, quant à lui, envisageait initialement une carrière de footballeur avant de découvrir son talent pour le ski.

Par ailleurs, la science joue un rôle de plus en plus important dans la performance des skieurs norvégiens. Des chercheurs de l’Université norvégienne des sciences et technologies (NTNU) étudient les propriétés des skis à l’échelle micro et nanométrique pour améliorer leur glisse. L’équipe nationale dispose même d’un camion équipé de machines de rectification qui adaptent les skis aux conditions de neige du jour. Ces avancées technologiques permettent aux skieurs actuels de progresser environ 20 % plus vite qu’au début des années 1990.

Enfin, l’infrastructure norvégienne, avec son vaste réseau de pistes éclairées et de clubs de ski locaux, facilite l’accès à l’entraînement pour tous.

Alors que les Jeux de Milan-Cortina 2026 sont désormais terminés, la question d’une nouvelle candidature de la Norvège pour accueillir les Jeux olympiques, 32 ans après Lillehammer 1994, est sur toutes les lèvres. Plusieurs personnalités politiques ont exprimé leur soutien à cette idée, estimant que la Norvège a non seulement la capacité de continuer à dominer le sport, mais aussi la responsabilité d’accueillir cet événement.

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