Publié le 23 février 2026 à 08h34. La Cour suprême américaine a invalidé une grande partie des tarifs douaniers imposés par Donald Trump, une décision immédiatement suivie par l’annonce de nouveaux droits de douane généralisés par le président, créant une nouvelle incertitude pour le commerce international.
La décision de la Cour suprême, qui juge illégaux les tarifs réciproques appliqués sous l’égide du droit international d’urgence, a provoqué une réaction rapide de la Maison Blanche. Moins de quatre heures après l’annonce du verdict, Donald Trump a annoncé la mise en place d’une augmentation générale des tarifs douaniers de 10 % (initialement annoncée à 15 %) pour une durée de 150 jours, afin de compenser les pertes de revenus potentielles pour le pays.
Cette nouvelle donne tarifaire ne profite pas à tous de la même manière. Les pays qui avaient subi les augmentations les plus importantes en avril dernier, lorsque Donald Trump avait présenté publiquement les nouveaux taux, voient désormais leur situation s’améliorer. À l’inverse, les régions qui avaient jusqu’alors été relativement épargnées par les tensions commerciales se retrouvent désormais désavantagées, car les tarifs réciproques n’étaient pas uniformes.
Le Brésil et la Chine figurent parmi les principaux bénéficiaires de ce revirement. Jusqu’à vendredi, les produits brésiliens étaient soumis à des droits de douane moyens de 26,3 % à leur entrée aux États-Unis. Ce taux sera désormais réduit de moitié, à 13 %. Pour les produits chinois, la baisse sera de sept points, passant de 36 % à 29 %. Néanmoins, les produits en provenance de Chine resteront les plus coûteux à la frontière américaine.
L’Inde, le Vietnam et l’Indonésie, qui avaient également été fortement touchés par la politique tarifaire de Donald Trump en avril, devraient également en profiter.
À l’inverse, l’Union européenne et l’Espagne sont pénalisées par ce changement. Les tarifs effectifs pour l’Union européenne augmenteront de sept dixièmes de point, passant de 11,7 % à 12,5 %. L’Espagne verra son taux grimper de 14,3 % à 15,7 %. Cette différence s’explique par la nature des produits vendus aux États-Unis et, dans le cas espagnol, par le volume plus important de ventes de produits soumis à des droits de douane plus élevés.
Ces analyses proviennent de Global Trade Alert, un organisme suisse qui suit l’évolution des tarifs douaniers depuis 2009.
Donald Trump a également évoqué d’autres options juridiques qui pourraient, selon lui, lui permettre de poursuivre sa politique tarifaire, notamment en s’appuyant sur l’article 122 de la Loi sur le commerce, qui lui autorise à imposer des tarifs pendant 150 jours, sous réserve de l’approbation du Congrès.