Publié le 26 février 2026 22h36. Des crimes de guerre et des atrocités qui pourraient constituer un génocide ont été commis par les Forces de soutien rapide (RSF) à El Fasher, au Soudan, selon un rapport accablant qui suscite l’indignation internationale.
- Le rapport de la Mission d’établissement des faits sur El Fasher détaille des exécutions sommaires, des violences sexuelles massives et une stratégie délibérée de privation pour détruire les communautés Fur et Zaghawa.
- Les ministres des Affaires étrangères du Groupe restreint du Soudan (Allemagne, Irlande, Pays-Bas, Norvège et Royaume-Uni) dénoncent ces crimes et appellent à une action immédiate pour prévenir de nouvelles atrocités.
- Une coalition d’États et d’institutions régionales sera formée pour travailler à la justice et à la prévention des atrocités au Soudan.
Un rapport accablant publié ce jeudi révèle des preuves accablantes de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité commis par les RSF lors de leur prise de contrôle d’El Fasher, en octobre 2025. La Mission d’établissement des faits sur El Fasher (FFM) a conclu que les violences perpétrées contre les communautés Fur et Zaghawa présentent « les marques d’un génocide ». La Cour pénale internationale et le Haut-Commissaire aux droits de l’homme ont également confirmé des indications préliminaires de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre dans la région.
Le rapport décrit un siège de 18 mois durant lequel les RSF ont systématiquement bloqué l’accès à la nourriture, à l’eau, aux soins médicaux et à l’aide humanitaire, imposant des conditions de vie intenables aux habitants. Les marchés ont été attaqués et les civils ont été piégés pour les empêcher de fuir. Dans certains cas, les habitants ont été contraints de se nourrir d’aliments destinés au bétail pour survivre.
L’offensive finale contre El Fasher a été particulièrement brutale. Le rapport détaille des exécutions sommaires de civils dans toute la ville, ainsi que la transformation de l’université d’El Fasher et de l’hôpital El-Saudi en sites de massacres. Des témoins ont rapporté avoir entendu des menaces explicites, comme
« nous allons vous exterminer »
témoignages recueillis par la FFM
. Des femmes enceintes ont été ciblées par des tirs au ventre et des civils ont été massacrés alors qu’ils tentaient de s’échapper. Des témoignages poignants font état de violences sexuelles généralisées, notamment de viols collectifs.
La FFM estime que ces violences, ciblant principalement les communautés Fur et Zaghawa, s’inscrivent dans une tentative délibérée de provoquer la « destruction physique » de ces communautés, « en totalité ou en partie ». Le rapport souligne que le risque de nouvelles violences génocidaires reste élevé en l’absence de mesures efficaces de prévention et de responsabilisation.
Le Groupe restreint du Soudan appelle les parties au conflit à respecter leurs obligations en vertu du droit international humanitaire et des droits de l’homme. Il exhorte également tous les États à examiner attentivement les recommandations du rapport, notamment la protection des civils, l’extension et l’application de l’embargo sur les armes de l’ONU, et la levée des restrictions à l’accès humanitaire. Le rapport complet de l’OHCHR détaille ces recommandations.
Le Groupe restreint du Soudan annonce la création d’une coalition d’États et d’institutions régionales déterminés à prévenir de nouvelles atrocités au Soudan et à aider le peuple soudanais à construire un avenir fondé sur la justice. Ils soulignent que le temps presse et que les victimes ont trop attendu.
En outre, le Groupe restreint du Soudan appelle à un cessez-le-feu immédiat et durable, à un accès humanitaire sans entrave, au respect du droit humanitaire international et à la protection des civils. Il demande également aux parties belligérantes d’accorder un accès complet aux mécanismes de justice internationale.