Publié le 7 février 2026 à 07h21. Une controverse émerge déjà avant même le lancement des nouveaux moteurs de Formule 1 pour 2026, avec des accusations de contournement des règles par Mercedes concernant le taux de compression, suscitant l’inquiétude de plusieurs constructeurs.
- Audi, Ferrari et Honda ont conjointement interpellé la FIA pour obtenir des éclaircissements sur le respect des spécifications moteur.
- La FIA n’a pour l’instant pas annoncé de mesures concrètes, malgré plusieurs réunions d’experts.
- Red Bull Ford Powertrains pourrait jouer un rôle déterminant dans la résolution de ce litige, la FIA nécessitant une « super majorité » pour modifier les procédures de mesure.
L’introduction des nouveaux règlements pour les moteurs de Formule 1 en 2026 était censée faciliter l’entrée de nouveaux constructeurs. Cependant, une dispute technique a rapidement éclaté concernant le taux de compression, un paramètre clé des performances. Les règles initiales fixaient ce taux à 18:1, mais il a été abaissé à 16:1 pour encourager l’arrivée de nouveaux acteurs.
Les concurrents de Mercedes ont rapidement exprimé des doutes sur le respect de cette nouvelle limite. Des tests statiques semblent confirmer que le moteur Mercedes respecte bien le taux de compression de 16:1, mais des inquiétudes subsistent quant à sa capacité à atteindre un rapport plus élevé lorsque le moteur est en fonctionnement et que sa température augmente. Cette possibilité de contourner les règles a conduit Audi, Ferrari et Honda à adresser une lettre commune à la Fédération Internationale de l’Automobile (FIA) afin de demander des clarifications.
Une première réunion d’experts, tenue le 22 janvier, n’a pas abouti à de mesures immédiates de la part de la FIA. Des discussions se sont poursuivies, notamment lors d’une réunion du « Power Unit Advisory Committee » jeudi dernier. Le taux de compression était à nouveau au centre des débats, impliquant toutes les parties prenantes, mais sans qu’une décision définitive ne soit prise.
Les autres motoristes cherchent maintenant des moyens de faire pression sur la FIA pour qu’elle intervienne avant le début de la saison. L’une des pistes envisagées est de modifier les méthodes de mesure du taux de compression. Actuellement, les tests ne sont effectués qu’à température ambiante. L’idée serait d’effectuer des mesures une fois le moteur chaud, ce qui donnerait une image plus réaliste de ses performances et pourrait révéler d’éventuelles infractions. Une autre solution serait d’utiliser des capteurs pendant la conduite.
Cependant, toute modification de la procédure de mesure nécessite l’accord d’une « super majorité », impliquant quatre des cinq constructeurs, la FIA et la Formule 1. Dans ce contexte, Red Bull Ford Powertrains se retrouve dans une position stratégique. Avec la lettre conjointe d’Audi, Ferrari et Honda, trois constructeurs sur cinq ont déjà exprimé leur souhait de voir les règles renforcées.
Red Bull a également été mentionné comme potentiellement bénéficiant d’une solution similaire à celle de Mercedes. Toutefois, des informations récentes suggèrent que Red Bull serait conscient de la stratégie de Mercedes, mais pourrait ne pas s’opposer à une intervention de la FIA, surtout si son propre avantage par rapport à la concurrence était moindre.
Selon Toto Wolff, directeur de l’équipe Mercedes,
« Je ne comprends tout simplement pas pourquoi certaines équipes se concentrent davantage sur les autres et continuent à se disputer sur une chose qui est très claire et évidente. »
Toto Wolff, directeur de l’équipe Mercedes
Il a également souligné que
« La communication avec la FIA a été très positive tout au long, non seulement en ce qui concerne le taux de compression, mais aussi dans d’autres domaines. Les réglementations sont très claires. Les procédures standard pour tous les moteurs sont très claires, même en dehors de la Formule 1. Alors ressaisissez-vous. L’unité d’entraînement est légale. L’unité d’entraînement est conforme à la réglementation. L’unité d’entraînement est conforme aux contrôles effectués. »
Toto Wolff, directeur de l’équipe Mercedes
La position de la FIA et de la Formule 1 est également cruciale, les deux organisations travaillant généralement en étroite collaboration sur les questions techniques. Bien que la FIA n’ait initialement pas vu de raison d’intervenir, il reste à voir si son évaluation évoluera après la réunion de jeudi. Un porte-parole de la FIA a indiqué que la question continuerait d’être examinée en interne et qu’une mise à jour serait communiquée ultérieurement.
Le temps presse, car les moteurs 2026 doivent être homologués avant le 1er mars, laissant peu de marge de manœuvre pour des ajustements. Toute révision de la procédure de mesure aurait des conséquences importantes, tant sur le plan sportif que sur le calendrier de développement.