La Californie se prépare à choisir le successeur de Gavin Newsom à la tête de l’État, mais la course s’annonce inhabituellement ouverte et sans favori clair. Une douzaine de candidats se disputent les suffrages, dans un contexte politique national dominé par la figure de Donald Trump.
La situation est d’autant plus particulière que l’actuel gouverneur, Gavin Newsom, est lui-même en campagne pour la Maison Blanche. Pourtant, au-delà de cette dynamique nationale, les électeurs californiens semblent plus préoccupés par les problèmes locaux, comme le logement, l’éducation et la lutte contre le sans-abrisme.
Parmi les candidats en lice, on retrouve Xavier Becerra, Tchad Bianco, Ian Calderón, Steve Hilton, Matt Mahan, Katie Porter, Jean Slavet, Tom Steyer, Éric Swalwell, Tony Thurmond, Antonio Villaraigosa et Betty Yee. Un panel diversifié, mais qui peine pour l’instant à susciter l’enthousiasme.
« Je fais ça pour gagner ma vie et j’ai du mal à susciter un quelconque intérêt pour cette course – pour le moment, en tout cas », confie Anita Chabria, chroniqueuse politique. Elle souligne que les enjeux nationaux tendent à éclipser les préoccupations locales.
Mark Z. Barabak, son collègue, renchérit : « Il y a un écart assez grand entre ce que les électeurs aimeraient voir se produire et ce qu’un gouverneur – n’importe lequel gouverneur – peut vraisemblablement tenir ses promesses. » Il estime qu’un progrès significatif dans quelques domaines clés, comme le logement et l’éducation, serait déjà une victoire.
Les électeurs semblent vouloir un gouverneur capable de contrer les excès de Donald Trump, mais sans pour autant faire de cette opposition un objectif en soi. Ils attendent des solutions concrètes aux problèmes qui les touchent au quotidien.
Matt Mahan, candidat se positionnant comme un centriste, tente de capitaliser sur ce désir de modération. « Ne pouvons-nous pas tous nous entendre ? », semble-t-il vouloir dire. Reste à savoir si ce message trouvera un écho auprès des électeurs, souvent polarisés par les débats nationaux.
Katie Porter, ancienne députée, a souligné l’importance de ne pas ignorer les problèmes structurels de la Californie, qui existaient bien avant l’arrivée de Donald Trump sur la scène politique. « Je me méfie beaucoup de quiconque ne reconnaît pas que nous avions des problèmes et des défis politiques bien avant que Donald Trump ne lève sa tête orange à l’horizon politique », a-t-elle déclaré.
Antonio Villaraigosa, ancien maire de Los Angeles, a également mis en évidence les milliards de dollars dépensés ces dernières années pour lutter contre le sans-abrisme, sans résultats probants. « Nous ne pouvons pas avoir peur de nous regarder dans le miroir », a-t-il affirmé.
Au-delà de la rhétorique anti-Trump, les électeurs attendent des candidats qu’ils proposent des solutions concrètes aux problèmes de l’État. Anita Chabria estime qu’il faudra « de la détermination » pour relever les défis à venir, une qualité qu’elle ne perçoit pas encore chez les candidats actuels.
Mark Z. Barabak conclut que la course s’annonce imprévisible. La Californie a déjà élu des gouverneurs issus du monde du spectacle, comme Ronald Reagan et Arnold Schwarzenegger, mais elle a aussi privilégié des profils plus classiques, comme George Deukmejian ou Gray Davis. Le choix final dépendra sans doute de l’évolution du contexte politique national et des préoccupations des électeurs californiens.