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Restreints, bloqués, que se passe-t-il pour WhatsApp et Telegram en Russie?

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La Russie a intensifié sa campagne de contrôle sur les plateformes de messagerie en bloquant l’accès à WhatsApp, rejoignant ainsi Telegram sur la liste des applications populaires restreintes. Cette décision, justifiée par le non-respect de la législation russe, intervient dans un contexte de répression croissante de la liberté d’expression en ligne.

Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a confirmé jeudi le blocage de WhatsApp, expliquant qu’il était dû à « la réticence de l’entreprise à respecter la loi russe ». L’agence de surveillance des télécommunications Roskomnadzor avait déjà annoncé des « restrictions progressives » sur Telegram en début de semaine.

WhatsApp, qui compte plus de 100 millions d’utilisateurs en Russie, avait dénoncé mercredi soir une tentative de « blocage complet » de l’application. Les autorités russes accusent WhatsApp et Telegram d’être utilisés pour des escroqueries, ainsi qu’à des fins criminelles et terroristes. Les appels via ces applications avaient déjà été bloqués en août 2025.

Ce durcissement soulève des inquiétudes, notamment parmi certains observateurs militaires russes qui craignent une perte d’influence du discours pro-Kremlin sur la scène internationale. Telegram est en effet un canal de diffusion privilégié pour de nombreuses chaînes d’information soutenant le gouvernement russe, ainsi que pour des représentants des autorités et des unités militaires. L’application est également largement utilisée par la population ukrainienne, en pleine guerre avec Moscou.

Malgré ces restrictions, les usagers russes pourront probablement contourner la censure grâce à l’utilisation de réseaux privés virtuels (VPN), bien qu’une loi récente interdise leur promotion. De nombreux Russes, y compris des personnalités pro-Kremlin comme le champion olympique de gymnastique Nikita Nagornyy (915 000 abonnés sur Instagram), continuent d’utiliser des plateformes interdites telles que Facebook, Instagram et YouTube via des VPN.

Les autorités russes encouragent activement la migration des citoyens vers MAX, une nouvelle application de messagerie locale promue par le gouvernement. Cette application, développée par le géant russe des réseaux sociaux VK depuis 2025, est présentée comme une « super-application » offrant un large éventail de services, allant des services administratifs à la commande de repas. Elle revendique 75 millions d’utilisateurs fin décembre. Cependant, des témoignages recueillis par l’AFP indiquent que certains Russes ont été incités à télécharger MAX par leurs employeurs.

Une différence notable entre MAX et ses concurrents est l’absence de chiffrement de bout en bout, un système de protection des messages qui rend leur interception et leur lecture par des tiers plus difficiles. Depuis septembre 2025, le gouvernement russe exige que MAX soit préinstallé sur tous les nouveaux téléphones et tablettes vendus dans le pays.

« MAX est une alternative existante, une messagerie en émergence et nationale », a affirmé M. Peskov, soulignant l’importance de réduire la dépendance du pays à l’égard des plateformes étrangères qui stockent les données des utilisateurs.

À retenir

  • La Russie a bloqué WhatsApp, rejoignant Telegram sur la liste des applications de messagerie restreintes.
  • Les autorités justifient ces blocages par le non-respect de la législation russe et des préoccupations liées à la sécurité.
  • Le gouvernement encourage l’utilisation de MAX, une application de messagerie locale, mais celle-ci ne bénéficie pas du chiffrement de bout en bout.

Contexte

La Russie a progressivement renforcé son contrôle sur internet ces dernières années, limitant l’accès à des plateformes étrangères et promouvant des alternatives nationales. Cette politique s’inscrit dans une volonté de renforcer la souveraineté numérique du pays et de lutter contre la diffusion d’informations jugées nuisibles.

Ce qui change

Les utilisateurs russes de WhatsApp et Telegram devront recourir à des VPN pour continuer à utiliser ces applications, bien que leur promotion soit désormais illégale. Le gouvernement espère que ces restrictions encourageront l’adoption de MAX, qui est présentée comme une alternative plus sûre et plus conforme aux lois russes.

Prochaines étapes

Il faudra surveiller l’efficacité des VPN pour contourner la censure et l’évolution du nombre d’utilisateurs de MAX. La question de la protection des données personnelles et de la liberté d’expression en ligne restera au cœur des débats.

Chiffres clés

  • Nombre d’utilisateurs de WhatsApp en Russie : 100 millions
  • Nombre d’utilisateurs de MAX fin décembre : 75 millions

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