Publié le 09 octobre 2025 – 14:26. Alors qu’un cessez-le-feu entre Israël et le Hamas a été annoncé, la France espère des engagements concrets lors d’une réunion internationale à Paris sur l’avenir de Gaza, axée sur la sécurité, la gouvernance et la reconstruction.
- Un accord de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, incluant la libération d’otages et de détenus, a été conclu, s’alignant sur un plan américain.
- Parallèlement, une réunion ministérielle européenne et arabe se tient à Paris pour discuter de l’après-guerre à Gaza.
- La France plaide pour la mise en œuvre d’un plan de paix visant la sécurité, la gouvernance et la reconstruction de Gaza.
L’annonce d’un accord de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas vient jeter une lumière nouvelle sur la réunion diplomatique qui se tient ce jeudi 9 octobre à Paris, consacrée à l’avenir de la bande de Gaza. La France, à l’initiative de cet événement, y voit une opportunité de sceller des engagements fermes en faveur d’une paix durable et de la solution à deux États.
L’accord de cessez-le-feu, intervenu après deux ans de conflit, et la libération d’otages et de détenus, s’inscrivent dans le cadre d’un plan proposé par le président américain Donald Trump. Sa signature officielle est attendue dans la journée en Égypte, selon une source palestinienne informée du dossier.
Cette réunion parisienne, qui débute à 15h00 GMT, réunit les ministres des Affaires étrangères du « Quintette européen » (Allemagne, Espagne, France, Italie, Royaume-Uni) et du « Quintette arabe » (Arabie Saoudite, Égypte, Émirats arabes unis, Jordanie, Qatar), ainsi que leurs homologues de l’Union européenne, du Canada et de la Turquie. L’objectif est de définir les contours de l’après-guerre et de poursuivre les efforts diplomatiques menés par la France depuis plusieurs mois pour instaurer une paix pérenne.
Bien que les derniers développements modifient le contexte, une source diplomatique européenne estime que cela aura un impact positif, permettant aux ministres de se concentrer sur des actions concrètes pour la période post-conflit. Le ministère français des Affaires étrangères a d’ailleurs précisé que cette rencontre vise à « travailler à la mise en œuvre du plan de paix et d’activer les critères de base pour le « lendemain » : la sécurité, la gouvernance et la reconstruction ».
Le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Taiani, s’est montré optimiste, déclarant que l’Italie est « prête à participer au renforcement du cessez-le-feu, à fournir une nouvelle aide humanitaire et à contribuer à la reconstruction de Gaza ». Il a salué les « très bonnes nouvelles » en provenance du Moyen-Orient.
Sur le plan sécuritaire, une mission internationale sous l’égide des Nations Unies est envisagée pour stabiliser Gaza, avec un transfert progressif des responsabilités de sécurité intérieure à l’Autorité palestinienne après des réformes internes. Cette mission aurait pour but de remplacer l’armée israélienne et de œuvrer au désarmement du Hamas, conformément au plan de paix américain. L’Italie s’est dite prête à y envoyer des soldats, et l’Indonésie a également exprimé sa volonté de participer.
La France, quant à elle, privilégie la formation et le soutien financier des forces de sécurité palestiniennes, notamment pour leur équipement. Les pays arabes, bien qu’ayant manifesté leur intérêt, n’ont pas encore fait d’annonces concrètes.
Un document de travail français, consulté par l’AFP, évoque la nécessité de mobiliser dix mille membres des forces de sécurité palestiniennes pour assurer la sécurité de Gaza. Ce document a été présenté aux pays arabes en marge de l’Assemblée générale des Nations Unies en septembre.
Cependant, l’initiative française a suscité des critiques de la part d’Israël. Le ministre israélien des Affaires étrangères Gideon Saar a qualifié cette réunion de « déplacée et nuisible » sur X, y voyant une tentative du président Macron de détourner l’attention de ses problèmes intérieurs, notamment la récente crise politique en France suite à la démission du Premier ministre Sébastien Lecornu.
Un absent notable à cette réunion est le secrétaire d’État américain Marco Rubio, dont la présence avait été annoncée. Aucune représentation des États-Unis n’est confirmée à ce jour, malgré leur rôle central.
Le plan de paix américain prévoit un cessez-le-feu à Gaza, la libération de tous les otages, le désarmement du Hamas et le retrait progressif des forces israéliennes. La gouvernance de Gaza serait confiée à un comité de technocrates palestiniens et d’experts internationaux, sous la supervision d’un « Conseil de paix » dirigé par Donald Trump, auquel le Hamas ne participerait pas.