Publié le 2023-10-XX. La NASA a lancé en octobre 2023 une mission vers l’astéroïde 16 Psyche, une formation céleste colossale estimée contenir des métaux précieux d’une valeur inouïe, posant la question de la faisabilité de l’exploitation minière spatiale.
- L’astéroïde 16 Psyche, situé entre Mars et Jupiter, est une cible de choix pour la recherche en raison de sa composition riche en fer, nickel et métaux rares, potentiellement un ancien noyau planétaire.
- Malgré les avancées technologiques, l’extraction de ressources dans l’espace reste un défi majeur, principalement en raison de contraintes de financement et de la maturité technologique insuffisante pour des missions d’envergure.
- L’exploitation des ressources in situ, plutôt que leur retour sur Terre, présente un potentiel économique plus prometteur, notamment pour la construction d’infrastructures spatiales ou la production de carburant.
La mission de la NASA vers 16 Psyche, lancée en octobre 2023, vise avant tout à comprendre la formation des planètes et l’étude d’un objet potentiellement riche en métaux. Les chercheurs estiment que les ressources contenues dans cet astéroïde, qui s’étend sur plus de 226 kilomètres, pourraient atteindre une valeur astronomique, évaluée à environ 100 000 milliards de dollars américains (l’équivalent de 165 650 septillions de roupies indonésiennes au taux de change actuel). Si cette découverte suscite l’imagination, elle souligne également les obstacles considérables qui subsistent à l’exploitation minière spatiale.
Bien que l’idée d’exploiter les richesses des astéroïdes captive, le chemin est encore long. Selon Philip Metzger, physicien à la Central Florida University, les défis techniques sont moins insurmontables qu’on pourrait le croire : « La seule différence entre l’exploitation minière dans les astéroïdes et sur Terre est la nécessité d’un équipement capable de résister à une faible gravité et des conditions de rayonnement élevé », explique-t-il. Cependant, les technologies actuelles d’extraction spatiale se situent encore entre les niveaux 3 et 5 sur l’échelle de préparation technologique (TRL) de la NASA, alors qu’un niveau 6 ou 7 est requis pour envisager des missions concrètes dans l’espace. Le principal frein, selon Metzger, est donc le manque de financement pour faire progresser ces technologies.
Face à cette situation, les agences spatiales publiques privilégient la recherche et l’exploration, tandis que plusieurs entreprises privées, comme Astrophorge et Transastra, développent activement des systèmes d’extraction. Cependant, elles se heurtent elles aussi à des obstacles financiers et logistiques. Kevin Cannon, professeur à la Colorado School of Mines, met en garde contre la rentabilité du simple rapatriement de matériaux sur Terre, qualifiant l’idée d’« économiquement douteuse » en raison des coûts de mission exorbitants et de la volatilité des prix de certains métaux rares comme le platine. Il suggère plutôt de privilégier l’utilisation des ressources in situ, par exemple en convertissant les astéroïdes riches en eau en carburant de fusée, ou en utilisant les métaux pour la construction d’infrastructures spatiales, évitant ainsi le coûteux lancement de matières premières depuis la Terre.
Alors que la Lune, plus proche, pourrait sembler une cible plus évidente, certains experts soulignent que sa concentration en matériaux utiles est bien moindre que celle de certains astéroïdes comme Psyche. Les astéroïdes, même ceux dits « proches de la Terre », présentent des défis uniques qui nécessitent des fenêtres de tir et des durées de mission spécifiques. Le voyage de la sonde Psyche de la NASA vers sa cible, par exemple, devrait durer six ans, avec une arrivée prévue en 2029. Des missions comme Osiris-Rex, Hayabusa2 et Hera, bien que non axées sur l’extraction directe, jouent un rôle crucial en faisant progresser les technologies de navigation, d’échantillonnage et de retour d’échantillons, qui seront essentielles pour les futures opérations minières dans l’espace.