Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a défendu avec fermeté l’intervention militaire de l’administration Trump au Venezuela, lors d’une rencontre mercredi avec les dirigeants caribéens. Malgré les objections exprimées par plusieurs d’entre eux, Rubio a affirmé que la destitution de Nicolás Maduro avait amélioré la situation dans le pays et dans la région.
S’exprimant lors d’un sommet à Basseterre, à Saint-Kitts-et-Nevis, le secrétaire d’État a balayé les préoccupations concernant la légalité de l’opération qui a conduit à la capture de Maduro le mois dernier. « Indépendamment de ce que vous avez pu penser individuellement de nos opérations et de notre politique envers le Venezuela, je vous le dis sans hésitation : le Venezuela va mieux aujourd’hui qu’il y a huit semaines », a-t-il déclaré aux chefs d’État et de gouvernement, selon un compte rendu de ses propos diffusé par le département d’État américain.
Rubio a souligné que, depuis l’éviction de Maduro et la prise de contrôle du secteur pétrolier vénézuélien par les États-Unis, les autorités intérimaires avaient réalisé des « progrès substantiels » et mis en œuvre des mesures « qui auraient été inimaginables il y a quelques semaines ».
Cette visite intervient alors que l’administration Trump cherche à renforcer son influence dans la région, dans une démarche rappelant la doctrine Monroe, et à contrer les défis posés par la criminalité et les opportunités économiques. Rubio a insisté sur le désir de Washington de consolider ses liens avec les pays de la Caraïbe. « Je suis heureux de faire partie d’une administration qui donne la priorité à l’hémisphère occidental, après des années de négligence », a-t-il affirmé.
Le secrétaire d’État a également abordé la question de Cuba, estimant que le statu quo est « inacceptable ». « Ce que le peuple cubain doit savoir, c’est que s’il a faim et souffre, ce n’est pas parce que nous ne sommes pas prêts à l’aider. Nous le sommes. C’est le régime qui nous empêche de le faire », a-t-il déclaré.
Par ailleurs, le département du Trésor américain a assoupli légèrement les restrictions sur la vente de pétrole vénézuélien à Cuba, qui a mis en place des mesures d’économie de carburant suite à l’intervention américaine.
Lors d’un discours devant le Congrès mardi soir, le président Trump a qualifié l’opération au Venezuela de « victoire absolument colossale pour la sécurité des États-Unis », notamment en matière de lutte contre le trafic de drogue.
La Première ministre de Trinité-et-Tobago, Kamla Persad-Bissessar, a publiquement soutenu l’approche américaine, comme l’a souligné le département d’État. Elle a indiqué que ses discussions avec Rubio avaient porté sur Haïti, Cuba, et la situation au Venezuela.
Le Premier ministre jamaïcain, Andrew Holness, a quant à lui souligné la nécessité de traiter la crise humanitaire à Cuba, avertissant que des troubles prolongés pourraient déstabiliser l’ensemble du bassin caribéen.