Publié le 2026-01-01 00:00:00. Après une riche carrière sportive et militaire, le joueur Thomas Berlato s’apprête à raccrocher les crampons à l’issue de la saison en cours. Une décision mûrement réfléchie, motivée par le désir de consacrer davantage de temps à sa famille.
La saison 2025-2026 marquera la fin d’une époque pour Thomas Berlato. Le pilier, passé par les équipes de l’Armée de l’Air et de l’Espace ainsi que celle de France militaire, a annoncé qu’il mettra un terme à sa carrière à l’issue de l’exercice en cours. À 34 ans, ce père de famille aspire désormais à des week-ends plus sereins auprès des siens.
« J’arrête tout en 2026. J’ai envie de passer de vrais week-ends en famille, d’avoir des soirées où je suis chez moi et pas seulement le lundi et le jeudi. Il y aura peut-être un manque, mais j’ai 34 ans… », confie le joueur, tout juste rentré d’un déplacement à Saint-Malo avec son club, l’Union Sportive Barbezieux Jonzac (UBJ).
Son dernier « Crunch », le match traditionnel opposant la France à l’Angleterre dans le cadre militaire, s’est joué le mercredi 1er octobre à Bègles. Berlato a clôturé cette rencontre emblématique par une victoire éclatante de son équipe, les aviateurs, s’imposant 48 à 12 face à la Royal Air Force. « Je m’arrête sur une victoire et en ayant fini le match », souligne-t-il avec une pointe de fierté teintée de sa discrétion naturelle.
Des terrains agenais à la base aérienne 709
Le parcours de Thomas Berlato débute dès l’âge de six ans à Agen, dans le Lot-et-Garonne. Formé au club d’Agen jusqu’aux Espoirs, il rejoint ensuite le RC Bon Encontre-Boué. Si ses parents n’étaient pas issus du monde du rugby, sa mère est rapidement devenue une fervente supportrice, suivant assidûment toutes ses rencontres, tout comme aujourd’hui.
Sa décision de suivre sa sœur dans la voie militaire l’a conduit à Cognac pour sa première affectation. Malgré une période d’adaptation initiale, Thomas Berlato a su s’intégrer à sa nouvelle vie charentaise, trouvant ses marques grâce aux rencontres sportives et à la chaleur humaine locale. « On se rend ensuite compte que les gens sont géniaux et en faisant du sport, c’était plus facile de s’intégrer alors que je ne connaissais personne. »
« Il faut inculquer le fait que c’est un club avec des gens dévoués et rappeler son histoire. »
Thomas Berlato
Avant de rejoindre l’UBJ, il a porté les couleurs de Cognac, avant la fusion avec Saint-Jean-d’Angély. Convaincu par le projet de Vincent Audoin, alors président de l’UBJ et aujourd’hui trésorier, il a endossé le maillot rouge et jaune en 2017.
Une ferveur collective et des souvenirs marquants
Au sein de l’UBJ, Thomas Berlato apprécie l’ambiance et le plaisir qu’il tire du jeu. Il note l’évolution du club depuis son arrivée, avec une ferveur grandissante et une structuration accrue. « Il y a une vraie ambiance qui fait que j’y prends du plaisir. Il faut inculquer le fait que c’est un club avec des gens dévoués et rappeler son histoire avec ce qu’on a vécu au départ. »
Malgré un début de saison mitigé pour l’UBJ, marqué par trois défaites en quatre rencontres, l’équipe espère une réaction à domicile face à Sarcelles. Thomas Berlato, lui, garde en mémoire les deux mengakses qu’il a connus avec le club charentais, qualifiant ces moments de « meilleurs souvenirs en tant que joueur ».
La première montée, en Fédérale 2, a eu lieu à l’issue de la saison 2019/2020. Deux ans plus tard, en 2022, une victoire arrachée dans les dernières minutes contre Layrac a propulsé les Barbeziliens en Fédérale 1, un autre souvenir mémorable pour le joueur, confronté à d’anciens adversaires de sa région natale d’Agen.
Dix années avec les Bleus de l’armée
Au cours de sa carrière militaire, Thomas Berlato a également marqué de son empreinte le XV de France militaire. Parmi ses meilleurs souvenirs figure la petite finale de la Coupe du Monde militaire 2019 au Japon, où son équipe a terminé à la 3ème place. « Ça reste l’un de mes meilleurs souvenirs, on était au camp de base des Néo-Zélandais, devant des joueurs de la sélection à XV. C’était en pleine période de typhon, un poteau était tombé pendant le match. On a terminé le match sans », raconte-t-il avec amusement.
Après cette compétition, il avait choisi de se consacrer pleinement à l’UBJ et aux équipes de l’Armée de l’Air et de l’Espace. Avec ces dernières, il a continué à répondre présent pour deux événements majeurs : le championnat des armées et le Crunch annuel contre les Anglais.
La rivalité avec l’équipe anglaise est palpable chaque année. « Ils nous prennent de haut et le montrent. Ça fait trois ans de suite qu’on les bat alors qu’au début, ce n’était pas ça. Tout ça grandit et prend de l’ampleur », observe Berlato, rappelant que les rencontres se déroulent désormais dans des stades prestigieux, tels que ceux de Bègles, Mont-de-Marsan ou encore Ernest-Wallon.
Entonner la Marseillaise avant ces matchs revêt toujours une saveur particulière pour lui. « Ça a toujours une saveur particulière. Même si c’était avec l’armée, je l’ai chantée plusieurs fois. » Un souvenir particulièrement poignant remonte à 2017, où il a joué peu de temps après la perte de son grand-père, une épreuve qui a intensifié le sens de cet hymne national.