Publié le 2025-10-11 10:32:00. Le président du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, sera présent lundi prochain en Égypte pour la signature d’un accord historique visant à mettre fin au conflit à Gaza. Cet événement diplomatique majeur réunira des représentants des États-Unis, des principales nations arabes et de plusieurs pays européens.
- Pedro Sánchez participera lundi à la signature d’un accord de paix pour Gaza en Égypte.
- La cérémonie, organisée par l’Égypte, verra la participation des États-Unis, de pays arabes majeurs et d’États européens.
- L’accord prévoit un échange d’otages contre la libération de près de 2 000 prisonniers palestiniens par Israël.
Selon des sources de l’Exécutif espagnol, le président du gouvernement Pedro Sánchez assistera le lundi suivant en Égypte à la signature de l’accord destiné à mettre un terme aux hostilités à Gaza. Cet événement, dont l’heure est fixée à midi, bénéficiera également de la présence des États-Unis. Le président américain Donald Trump a lui-même annoncé sa participation il y a deux jours. Les principales nations arabes et certains États européens prendront également part à cette cérémonie, organisée par le gouvernement égyptien, pays hôte de l’événement, qui a invité le chef du gouvernement espagnol.
Jeudi dernier, Pedro Sánchez s’était félicité de l’accord conclu entre Israël et le Hamas, exprimant son souhait qu’il marque le début « d’une paix juste et durable ». Il avait souligné : « Il est désormais temps de dialoguer, d’aider la population civile et de regarder vers l’avenir. Avec espoir, mais aussi avec justice et avec mémoire, pour que les atrocités vécues ne se reproduisent plus jamais. »
Une fois le cessez-le-feu effectif à Gaza, Israël se prépare à accueillir des otages détenus par le Hamas dans les jours à venir. En contrepartie, le gouvernement israélien libérera près de 2 000 détenus palestiniens, parmi lesquels figurent 250 individus condamnés à des peines de prison très lourdes, y compris la réclusion à perpétuité. Les noms de ces prisonniers ont d’ores et déjà été rendus publics par les autorités israéliennes.
Cette visite en Égypte s’inscrit dans une série de rencontres internationales auxquelles le chef de l’Exécutif espagnol a participé dans le pays depuis le début du conflit, le 7 octobre 2023. Ce jour-là, le Hamas avait tué 1 200 personnes en Israël et enlevé plus de 200 otages, dont certains sont toujours retenus dans la bande de Gaza. L’offensive israélienne subséquente a entraîné la mort de plus de 67 000 personnes dans l’enclave palestinienne, provoquant une famine généralisée du fait du blocus de l’aide humanitaire.
Tensions diplomatiques entre Madrid et Tel Aviv
Face à ce conflit, que Pedro Sánchez a qualifié de « génocide » perpétré par Israël, le président a fermement défendu la solution à deux États. Il a positionné l’Espagne, aux côtés de l’Irlande et de la Norvège, à l’avant-garde de la reconnaissance de la Palestine ces dernières années. Ce mouvement de reconnaissance a été rejoint le mois dernier par plusieurs pays, dont la France et le Royaume-Uni, lors d’une conférence internationale tenue à New York, coïncidant avec le début de la nouvelle session de l’Assemblée générale des Nations Unies.
Cette position diplomatique et la décision du gouvernement espagnol d’adopter des mesures telles que l’embargo sur les armes destinées à Israël ont engendré de vives tensions diplomatiques entre les deux pays. À plusieurs reprises, le gouvernement espagnol a convoqué le chargé d’affaires de l’ambassade d’Israël en Espagne ces derniers mois pour lui signifier des protestations formelles concernant diverses actions et déclarations de l’exécutif israélien.
Ces convocations visaient le chargé d’affaires car l’Espagne n’a plus d’ambassadeur israélien depuis mai 2024. Le gouvernement de Benjamin Netanyahu avait rappelé son représentant après que Pedro Sánchez eut annoncé la reconnaissance de l’État de Palestine par l’Espagne. Benjamin Netanyahu avait alors accusé le gouvernement espagnol d’antisémitisme et de récompenser le Hamas.
Un accord avec Donald Trump après des propos polémiques sur l’OTAN
La signature de l’accord pour la fin du conflit entre Israël et le Hamas offrira à Pedro Sánchez l’opportunité de rencontrer Donald Trump. Cette rencontre aura lieu quatre jours après que le président américain ait envisagé le départ de l’Espagne de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN), invoquant un manque d’engagement en matière de dépenses de défense au sein de l’Alliance. Suite à ces propos, le gouvernement espagnol avait affirmé être « très calme », réaffirmant que l’Espagne est un membre à part entière et engagé auprès de l’OTAN, et qu’elle atteint ses objectifs capacitaires au même titre que les États-Unis.