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Senae Takaichi devient la première femme à diriger le Japon

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Publié le 21 octobre. Sanae Takaichi s’apprête à marquer l’histoire du Japon en devenant la première femme à accéder à la fonction de Premier ministre. Son accession au pouvoir intervient dans un contexte politique marqué par un recentrage à droite du pays, allié traditionnel des États-Unis.

  • Sanae Takaichi a remporté le vote au Parlement avec 237 voix, surpassant la majorité requise à la Chambre basse.
  • Son élection symbolise une percée significative dans un pays où l’influence masculine est prépondérante.
  • Elle succède à Shigeru Ishiba, dont la démission a été annoncée le mois précédent suite à des revers électoraux.

La victoire de Sanae Takaichi survient après un accord de coalition entre le Parti libéral-démocrate (PLD), parti dominant l’histoire contemporaine du Japon, et le Parti japonais de l’innovation (Nippon Ishin), une formation de droite.

Cette nomination, qui devrait être confirmée par la chambre haute, moins influente, propulse le Japon dans un nouveau chapitre politique, marqué par un virage conservateur. Takaichi, élue à la tête du PLD début octobre face à des candidats plus modérés, incarne cette orientation.

Elle prend ses fonctions à un moment crucial, alors que le Japon est confronté à des défis économiques majeurs, une fragmentation politique et une impasse législative. Sa prise de pouvoir intervient également à quelques jours d’une visite attendue du président américain Donald Trump.

Parmi les premières épreuves qui l’attendent figurent la hausse du coût de la vie, le prix du riz ayant notamment presque doublé en un an. Le pays est également aux prises avec un taux de natalité en déclin, une main-d’œuvre qui diminue et une population vieillissante, tandis que l’opinion publique se montre de plus en plus réticente à l’immigration massive. L’administration américaine et ses politiques tarifaires ont également créé des remous dans les économies asiatiques plus tôt dans l’année.

Un autre enjeu majeur sera de restaurer la confiance du public. Le PLD traverse sa crise la plus profonde depuis des décennies, ayant perdu sa majorité parlementaire sous l’égide de Shigeru Ishiba suite à un scandale financier lié à des fonds secrets. L’alliance historique du PLD avec le parti Komeito, vieux de 26 ans, a également pris fin, le conduisant à chercher un nouveau partenaire de coalition.

C’est ainsi que le PLD s’est rapproché du parti d’opposition Nippon Ishin (Parti de l’innovation japonaise) avant le vote de ce mardi. Ce dernier partage certaines des valeurs conservatrices de Takaichi, comme un durcissement des contrôles migratoires, et s’est engagé à réduire le nombre de parlementaires de 10%. Le parti nourrit également des ambitions, comme celle de faire d’Osaka, sa ville d’origine, la deuxième capitale du Japon.

Le parti de Sanae Takaichi espère qu’elle saura redresser sa courbe d’impopularité récente. Cependant, dans un contexte de changements fréquents de Premier ministre – quatre dirigeants en cinq ans –, elle devra rapidement obtenir des résultats probants pour asseoir son autorité et conserver son poste.

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