La succession de Roland Busch à la tête de Siemens est d’ores et déjà en préparation. Le conseil de surveillance de l’entreprise a entamé ce mercredi soir une série de mouvements stratégiques, avec la nomination de Peter Körte à la direction de la division Smart Infrastructure et l’annonce du départ du directeur financier Ralf Thomas.
Peter Körte, jusqu’alors responsable de la technologie et de la stratégie au sein du directoire, prendra les rênes de la division Smart Infrastructure le 1er juillet. Cette division, dirigée précédemment par Matthias Rebellius, a connu un succès notable et est considérée par le conseil de surveillance comme une étape cruciale pour quiconque ambitionne de diriger l’ensemble du groupe Siemens. Cette nomination confère à Körte une responsabilité opérationnelle directe sur un secteur clé pour l’avenir de l’entreprise.
Parallèlement, le conseil de surveillance prépare également la succession de Ralf Thomas, dont le mandat de directeur financier prendra fin cette année. Veronika Bienert lui succédera le 1er avril prochain. Thomas conservera cependant un rôle important au sein de Siemens en tant que président du conseil de surveillance de sa filiale Siemens Healthineers.
Ces changements interviennent alors que le PDG actuel, Roland Busch, dont le contrat court jusqu’en 2030, se prépare à présenter ses orientations aux actionnaires lors de l’assemblée générale de ce jeudi à Munich. C’est la première fois depuis 2021 que cette assemblée se tiendra en présentiel, à la salle olympique de Munich.
L’entreprise a également annoncé son intention de réduire sa participation dans Siemens Healthineers, de 67 % à 37 %, en redistribuant 30 % de parts aux actionnaires de Siemens. Cette décision s’inscrit dans une stratégie plus large de restructuration et de recentrage sur les activités principales du groupe.
Cedric Neike, responsable de la division Digital Industries, est également pressenti comme un potentiel successeur à la direction générale. Bien que cette division ait rencontré des difficultés l’année dernière, notamment en raison du ralentissement économique en Chine, elle a affiché une reprise au quatrième trimestre (clos le 30 septembre), avec une augmentation des commandes et du chiffre d’affaires.
La division Smart Infrastructure, quant à elle, a continué sur sa lancée, affichant une progression de sa marge bénéficiaire d’exploitation pendant 20 trimestres consécutifs. Au cours de l’exercice écoulé, elle a généré un chiffre d’affaires supérieur à celui de Digital Industries, avec un excédent de près de 2 milliards d’euros, soit un total de 4,5 milliards d’euros.
« Avec ces décisions, le conseil de surveillance assure une planification ordonnée et fluide de la succession du directoire et fixe le cap pour la prochaine phase de notre transformation en une entreprise One Tech », a déclaré Jim Hagemann Snabe, président du conseil de surveillance. « Je suis convaincu que Veronika Bienert et Peter Körte, grâce à leur expérience, leur expertise et leur leadership diversifiés, feront progresser l’entreprise de manière fiable. »
Ulf Mark Schneider, élu au conseil de surveillance l’année dernière, succédera à Snabe à la tête de l’organe de surveillance, après une période de formation de deux ans. Un changement anticipé à la tête du conseil de surveillance reste toutefois possible.
À retenir
- Préparation de la succession de Roland Busch à la tête de Siemens.
- Nomination de Peter Körte à la direction de Smart Infrastructure.
- Ralf Thomas quittera son poste de directeur financier le 1er avril, remplacé par Veronika Bienert.
Contexte
Siemens est un conglomérat industriel allemand présent dans les domaines de l’automatisation, de la numérisation et de l’électrification. L’entreprise est en pleine transformation pour devenir une entreprise technologique intégrée, axée sur les solutions pour l’industrie, l’infrastructure et les soins de santé.
Ce qui change
Les nominations et départs annoncés marquent une étape importante dans la préparation de la succession à la direction générale de Siemens. Ces changements pourraient influencer la stratégie future de l’entreprise et son positionnement sur le marché.
Prochaines étapes
L’assemblée générale de Siemens, qui se tiendra ce jeudi, sera l’occasion pour Roland Busch de présenter sa vision aux actionnaires. Les prochaines étapes consisteront à finaliser la transition des responsabilités et à mettre en œuvre la stratégie de restructuration de l’entreprise.
Chiffres clés
- Chiffre d’affaires Smart Infrastructure : 4,5 milliards d’euros
- Excédent de chiffre d’affaires Smart Infrastructure par rapport à Digital Industries : près de 2 milliards d’euros
- Participation de Siemens dans Healthineers (actuelle) : 67 %
- Participation de Siemens dans Healthineers (future) : 37 %