Paris – Simone Biles a ajouté une nouvelle page à sa légende lors des Jeux Olympiques de Paris 2024, consolidant sa place de gymnaste la plus accomplie de tous les temps. Avec trois médailles d’or et une d’argent supplémentaires, la star américaine porte son total à 11 médailles olympiques, dont sept titres, un record historique.
Cette performance magistrale intervient après une épreuve personnelle marquante. Aux Jeux de Tokyo 2020, Biles avait dû renoncer à plusieurs compétitions, ne participant finalement qu’à la poutre, en raison d’un phénomène connu sous le nom de « twisties ». Loin d’être une simple gêne, il s’agit d’une perte terrifiante de contrôle corporel et de conscience spatiale pour une gymnaste en plein vol, présentant un risque élevé de blessures graves lors des réceptions après des rotations.
L’incident de Tokyo en 2021 avait mis en lumière cette affliction auprès du grand public, devenant l’un des sujets les plus médiatisés des Jeux. Cependant, selon son entraîneure de longue date, Aimee Boorman, ce ne fut pas la première confrontation de Biles avec les « twisties » au cours d’une année olympique.
Dans un extrait de son nouveau livre, « The Balance: My Years Coaching Simone Biles », publié par ESPN, Boorman révèle que le phénomène s’était déjà manifesté chez la jeune gymnaste avant les Jeux de Rio en 2016.
« Oui, avant que Simone ne révèle au monde les ‘twisties’ en 2021, elle avait expérimenté ce phénomène de proprioception dès janvier 2016 », écrit Boorman. Elle souligne la dangerosité de cette perte de repères : « Quand cela arrive à une gymnaste qui effectue des saltos à plus de trois mètres de hauteur et qui perd sa conscience corporelle dans l’espace et le temps – sans savoir si elle va atterrir sur le dos, les pieds ou la tête – c’est beaucoup plus dangereux [que les ‘yips’ au baseball ou au golf]. »
À cette époque, Biles avait été incapable de pratiquer des éléments de rotation aérienne pendant plusieurs semaines. Finalement, elle parvint à surmonter cette épreuve à temps pour les qualifications olympiques, avant de décrocher quatre médailles d’or et une de bronze à Rio. Cette performance lui avait ouvert les portes de la célébrité aux États-Unis, une réussite qui, selon les révélations de Boorman, avait failli ne jamais avoir lieu.