Publié le 2025-10-17 12:42:00. L’Autorité monétaire de Singapour (MAS) reporte d’un an l’application des nouvelles règles prudentielles concernant les cryptomonnaies pour les banques, initialement prévues pour le 1er janvier 2026. Cette décision intervient suite aux vives critiques soulevées par la classification des blockchains publiques par le Comité de Bâle.
- Le MAS repousse l’entrée en vigueur des règles prudentielles de Bâle sur les crypto-actifs pour les banques au 1er janvier 2027.
- La principale raison invoquée est la divergence de traitement entre les blockchains publiques et privées, pénalisant notamment les stablecoins.
- Les acteurs du marché financier mondial expriment depuis plusieurs mois leur désaccord face à cette approche du Comité de Bâle.
Initialement alignée sur le calendrier du Comité de Bâle sur le contrôle bancaire (CBCB), qui visait une application le 1er janvier 2026, l’Autorité monétaire de Singapour (MAS) a annoncé un report d’un an, fixant la nouvelle échéance au 1er janvier 2027. Cette révision de calendrier semble être une réponse directe aux préoccupations soulevées par la classification actuelle des blockchains dites « sans autorisation » (publiques) par le CBCB, et le refus des banques de s’engager avec ces infrastructures.
La divergence de traitement imposée par les régulations de Bâle est particulièrement illustrée par l’exemple d’un fonds monétaire tokenisé. Si ce fonds est émis sur une blockchain publique, sa pondération de risque est fixée à 1 250 %, le plaçant au même niveau que des cryptomonnaies non adossées. En revanche, si le même fonds était hébergé sur une blockchain privée, il bénéficierait du traitement d’un fonds monétaire conventionnel, sans pondération de risque supplémentaire. Cette approche rend l’utilisation des stablecoins, souvent émis sur des blockchains publiques, particulièrement complexe pour les établissements bancaires.
Ces disparités de traitement ont généré un vif mécontentement au sein de l’industrie financière internationale. Diverses associations représentant les marchés de capitaux et les banques ont maintes fois contesté la position du CBCB concernant les blockchains publiques. L’opposition s’est accrue ces derniers mois, alors même que l’objectif des règles de Bâle est de promouvoir une harmonisation des normes à l’échelle mondiale. Force est de constater que les juridictions adoptent des approches divergentes face à la question des blockchains publiques, allant de l’ignorance de leur nature à l’exigence de mesures de mitigation spécifiques, voire au rejet pur et simple des règles.

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