Home Sciences et technologies Six milliards de tonnes par seconde. Les astronomes ont regardé la plus petite planète de l’espace – CT24 – télévision tchèque

Six milliards de tonnes par seconde. Les astronomes ont regardé la plus petite planète de l’espace – CT24 – télévision tchèque

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Publié le 2025-10-06 12:16:00. Une planète errante, baptisée Cha 1107-7626, attire l’attention des astronomes par sa capacité phénoménale à absorber la matière environnante à une vitesse inédite. Observée grâce à un puissant télescope sud-américain, cette découverte éclaire les mystères de la croissance planétaire et de l’évolution des corps célestes isolés.

  • La planète Cha 1107-7626, située à 620 millions d’années-lumière, absorbe l’équivalent de six milliards de tonnes de matière chaque seconde.
  • Ce corps céleste, d’une masse dix fois supérieure à celle de Jupiter, n’orbite autour d’aucune étoile et flotte librement dans l’espace.
  • Ce phénomène d’accrétion rapide suggère une formation planétaire potentiellement similaire à celle des jeunes étoiles.

Dans les confins glacés de l’espace, à environ 620 millions d’années-lumière de notre Terre, la constellation du Caméléon abrite un objet cosmique hors du commun : la planète Cha 1107-7626. Contrairement à la majorité des corps célestes connus, cette géante gazeuse n’est pas le compagnon d’une étoile. Elle est une « pèlerine cosmique », un astre errant qui évolue en solitaire dans l’obscurité intersidérale. Cependant, cette solitude apparente cache une activité extraordinaire.

Les astronomes, qui ont pu l’observer grâce à un télescope de l’Observatoire Européen Austral (ESO) en Amérique du Sud, ont découvert que Cha 1107-7626 est un « glouton cosmique ». Sa masse, environ dix fois supérieure à celle de Jupiter, génère une gravité si intense qu’elle aspire la poussière et le gaz présents dans son environnement. Le rythme de cette accrétion est stupéfiant : la planète gagne chaque seconde l’équivalent de six milliards de tonnes de matière. C’est une proportion jamais observée auparavant pour un objet de cette catégorie.

« Les gens peuvent imaginer que les planètes sont des mondes silencieux et stables, mais grâce à cette découverte, nous voyons que même les objets flottant librement dans l’espace peuvent être extrêmement intéressants », a commenté Víctor Alndros-Abad, astronome à l’Observatoire Astronomique de Palerme et directeur de la recherche.

Ce processus, appelé accrétion, est fondamental pour comprendre comment les planètes se forment et évoluent. La recherche menée par l’équipe internationale a révélé que cette vitesse d’absorption n’est pas constante et varie de manière dynamique au fil du temps. Des données suggèrent que la planète a vu son taux d’accrétion augmenter considérablement sur quelques mois, devenant environ huit fois plus rapide qu’auparavant.

L’étude de Cha 1107-7626 revêt une importance particulière, car la catégorie des planètes dites « libres », c’est-à-dire non liées à une étoile, reste encore largement énigmatique. Aleks Scholz, astronome à l’Université de St Andrews (Royaume-Uni) et co-auteur de l’étude, soulève une question centrale : « L’origine des planètes libres reste une question ouverte : s’agit-il d’objets moins massifs issus d’étoiles, ou de planètes géantes éjectées de leurs systèmes natifs ? »

Les résultats actuels tendent à montrer qu’au moins une partie de ces planètes sans étoile pourraient connaître un développement similaire à celui des jeunes étoiles, puisque des explosions d’accrétion comparables ont déjà été observées chez ces dernières. Belinda Damian, également de l’Université de St Andrews et co-auteure, explique que cette découverte « brouille la frontière entre les étoiles et les planètes et nous permet d’observer les premières phases de vie des planètes libres. »

La détection de ces planètes errantes est un défi de taille en raison de leur faible signature énergétique. Cependant, le futur Extremely Large Telescope (ELT) de l’ESO, doté d’instruments de pointe et d’un miroir principal colossal, promet de révolutionner ce domaine. Il offrira aux astronomes la capacité d’identifier et d’étudier plus en détail ces vagabondes célestes, afin de mieux cerner leur lien potentiel avec la formation des étoiles.

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