La domination écossaise face à l’Angleterre dans le Tournoi des Six Nations, bien que réelle, pourrait davantage refléter les difficultés anglaises que les progrès fulgurants des Écossais. À l’approche du match de ce samedi à Murrayfield, les observateurs s’interrogent sur la capacité de l’Angleterre, désormais sous la direction de Steve Borthwick, à inverser la tendance.
Les récentes victoires écossaises – elles sont nombreuses depuis l’arrivée de Gregor Townsend en 2017 – soulèvent une question : sont-elles le fruit d’une élévation du niveau de jeu des Écossais, ou d’une baisse de régime de l’équipe anglaise ? Courtney Lawes, pilier anglais, a d’ailleurs reconnu que l’Écosse n’avait « rien gagné », mais il est vrai que l’Angleterre n’est pas non plus particulièrement bien lotie en matière de titres. En effet, les Anglais n’ont remporté qu’une seule édition du Tournoi des Six Nations depuis 2017, et ont plus souvent terminé cinquièmes qu’en tête du classement.
Pendant cette même période, la France, l’Irlande et le Pays de Galles ont tous décroché un Grand Chelem. L’Angleterre, malgré ses ressources considérables, n’a pas réussi à réaliser cet exploit depuis une décennie et ne compte que deux Grand Chelem à l’histoire du Tournoi. Sur les huit dernières éditions du Tournoi des Six Nations, les Anglais ont terminé premiers une fois, deuxièmes deux fois, troisièmes deux fois, quatrièmes une fois et cinquièmes deux fois. Autrement dit, battre l’Angleterre n’a pas représenté un défi insurmontable pour l’Écosse.
Certains, comme Lawes, estiment que les Écossais dépassent leurs limites. Cependant, il est possible que la situation soit plus simple : l’Angleterre n’a tout simplement pas été à la hauteur. La crainte actuelle en Écosse réside dans la progression de l’équipe anglaise sous la houlette de Steve Borthwick. Douze victoires consécutives, une équipe bien rodée dans tous les compartiments, des leaders affirmés et un banc de touche impressionnant : tous les indicateurs suggèrent que les bases sont solides et que l’équipe est moins vulnérable au chaos que l’Écosse pourrait tenter d’instaurer samedi.
Le match de Murrayfield constituera donc un test crucial pour la nouvelle solidité anglaise. Le troisième ligne centre écossais Jack Tuipulotu a mis en lumière ce qu’il appelle la « désespération » de son équipe avant la rencontre pour la Calcutta Cup, soulignant l’importance de cette confrontation. « … nous sommes désespérés … » a-t-il déclaré.