L’ingénieure aéronautique Sophie Adenot va passer les huit prochains mois à bord de la Station spatiale internationale (ISS) pour mener une vaste série d’expériences scientifiques. Son programme, riche et varié, vise à faire progresser la recherche médicale et industrielle en exploitant les conditions uniques offertes par l’environnement spatial.
Au cœur de sa mission se trouve le test d’EchoFinder, un système innovant développé par le Centre national d’études spatiales (CNES). Grâce à l’intelligence artificielle et à la réalité augmentée, cet outil permettra aux astronautes de réaliser des échographies de manière autonome, une avancée cruciale pour les missions de longue durée. Sophie Adenot participera également à des tests neurosensoriels approfondis, destinés à évaluer les effets d’un séjour prolongé en orbite sur des fonctions cognitives clés telles que la mémoire, la prise de risque et la reconnaissance des émotions.
Préparée à collecter des échantillons de sang et à manipuler des équipements de pointe comme des incubateurs et un four à lévitation magnétique, l’astronaute française se consacrera à plusieurs projets de recherche. Parmi eux, l’étude de l’impact des radiations cosmiques sur l’ADN et les os, l’observation de la Terre pour identifier des phénomènes difficiles à détecter depuis le sol, et la pose de capteurs pour détecter d’éventuelles biocontaminations. Des expériences sur les émulsions sont également prévues.
Les données collectées par Sophie Adenot seront analysées sur Terre et devraient avoir des retombées significatives dans divers domaines. « L’électricité n’a pas été découverte en améliorant la bougie. Développer cette somme de connaissances ne nous permettra pas seulement d’améliorer l’existant, mais aussi, peut-être, de découvrir des choses complètement différentes », explique Sébastien Vincent-Bonnieu, chef d’équipe scientifique « Utilisation et sciences associées » à l’Agence spatiale européenne (ESA). Les industries chimiques, agroalimentaires et les fabricants de matériaux sont particulièrement intéressées par ces recherches fondamentales, qui pourraient déboucher sur des applications concrètes dans leurs processus de fabrication.
Sébastien Vincent-Bonnieu précise que l’astronaute participera à « une très, très grande variété d’expériences sur des dizaines de types d’instruments » dans le laboratoire européen Columbus.