Publié le 2024-05-15 10:00:00. Les Forces de soutien rapide (FSR) revendiquent la prise totale d’El Fasher, capitale du Nord-Darfour, marquant une étape potentiellement décisive dans le conflit soudanais et menaçant de scinder le pays en deux zones d’influence.
Les Forces de soutien rapide (FSR) ont annoncé, dans un communiqué, avoir pris le contrôle de la ville d’El Fasher, capitale de l’État du Nord-Darfour. Cette revendication intervient quelques heures après la capture du quartier général de l’armée dans la localité. Des vidéos diffusées par les FSR montrent des combattants célébrant leur victoire, notamment devant ce qui semble être le « Quartier général de la Sixième Division ». Des images parallèles témoigneraient du retrait de véhicules militaires de cette position.
Aucune confirmation officielle de ces développements n’a été émise par l’armée soudanaise à l’heure actuelle. Les FSR décrivent leurs actions comme des « batailles héroïques » marquées par des « opérations qualitatives et des sièges » ayant conduit à un « effondrement total » des lignes de défense ennemies.
Si cette prise de contrôle se confirmait, elle signifierait que les FSR dominent désormais les cinq États de la région du Darfour. Cette situation pourrait aboutir à une division du Soudan, avec l’est sous l’autorité de l’armée et l’ouest sous le contrôle des FSR. La ville de Nyala, capitale du Sud-Darfour déjà sous emprise des FSR, aurait également été le théâtre de célébrations.
Le Darfour, région stratégique d’une superficie de 493 000 km², représente plus d’un quart du territoire soudanais et abrite environ 17% de la population totale du pays, estimée à 48 millions d’habitants. Sa position géographique est cruciale, offrant un accès frontalier à quatre pays : la Libye, le Tchad, la République centrafricaine et le Soudan du Sud.
La situation humanitaire à El Fasher est particulièrement préoccupante, la ville étant déjà en proie à la famine et à des épidémies, selon les appels des Nations Unies et de la communauté internationale. Malgré les efforts diplomatiques, notamment lors d’une réunion récente à Washington impliquant l’Égypte, l’Arabie Saoudite et les Émirats arabes unis, aucune trêve humanitaire n’a été obtenue jusqu’à présent entre les forces gouvernementales et les FSR.