Publié le 2025-11-03 12:57:00. La campagne électorale dans le Bihar a pris une tournure résolument religieuse et culturelle lundi 3 novembre. Le parti Bharatiya Janata (BJP) et le Premier ministre Narendra Modi ont accusé l’opposition d’anti-hindouisme, en réaction à une vidéo de la famille de Lalu Prasad Yadav et à des déclarations du Congrès.
- Le BJP accuse l’opposition de manquer de respect aux fêtes hindoues et de privilégier la culture occidentale.
- Une vidéo de la famille de Lalu Prasad Yadav célébrant Halloween a été vivement critiquée par le BJP.
- Priyanka Gandhi, du Congrès, a répliqué en suggérant la création d’un « Ministère des Insultes » par le Premier ministre Modi.
La campagne électorale dans l’État du Bihar a connu un net durcissement lundi 3 novembre, marquée par une stratégie du parti Bharatiya Janata (BJP) et du Premier ministre Narendra Modi visant à diaboliser l’alliance Mahagathbandhan, composée du RJD, du Congrès et d’autres partis. L’accusation principale portée par la majorité : une posture anti-hindouiste de l’opposition.
Cette offensive s’est cristallisée autour de deux événements. D’une part, le BJP a réagi à une vidéo diffusée par Rohini Acharya, fille du leader vétéran du RJD Lalu Prasad Yadav, montrant ce dernier célébrant Halloween avec ses petits-enfants, vêtus de costumes. Le BJP a immédiatement rappelé une ancienne déclaration de Lalu Yadav qualifiant de « dépourvu de sens » le rituel du Kumbh Mela, un festival majeur de foi et de spiritualité hindoue. « N’oubliez pas, habitants du Bihar, que c’est le même Lalu Yadav qui a qualifié d’inutile la grande fête de la foi et de la spiritualité Kumbh, et qui célèbre maintenant la fête étrangère d’Halloween », a écrit l’aile paysanne du BJP sur X.
D’autre part, le ministre de l’Intérieur, Amit Shah, a lancé de vives attaques lors de plusieurs rassemblements, accusant l’opposition de manquer de respect aux fêtes hindoues, et plus particulièrement au festival de Chhath, très important dans le Bihar et célébré peu de temps auparavant. Il a notamment fait référence à des propos de Rahul Gandhi, chef du Congrès, qui avait critiqué le Premier ministre Modi pour avoir fait aménager un bassin à proximité de la Yamuna à Delhi, qu’il a qualifiée de ville polluée, afin d' »en faire un spectacle » lors de Chhath. Amit Shah a interprété ces propos comme une insulte directe à la divinité Chhathi Maiya.
Le Premier ministre Narendra Modi s’est lui aussi joint à cette ligne d’attaque, accusant le bloc RJD-Congrès de dédain envers Chhath Puja et de s’opposer par ailleurs à la construction du temple Ram à Ayodhya. S’exprimant dans une zone à forte population musulmane, le Premier ministre a évité une rhétorique communautaire directe, mais a déclaré que les partis de l’opposition » compromettaient la sécurité nationale » et » intervenaient pour protéger les infiltrés » dès que le BJP prenait des mesures pour les expulser, selon l’agence de presse PTI.
Priyanka Gandhi répond aux accusations
Face à ces attaques, Priyanka Gandhi Vadra, dirigeante du Congrès, a tourné en dérision le Premier ministre Modi. Elle a suggéré la création d’un nouveau ministère, qu’elle a nommé « Apamaan Mantralaya » (Ministère des Insultes), soulignant que son gouvernement semblait y consacrer l’essentiel de ses efforts.
Lors de rassemblements dans les districts de Saharsa et Lakhisarai, elle a accusé Narendra Modi de détourner l’attention du public des enjeux cruciaux tels que le chômage, la corruption et la pauvreté en ciblant systématiquement ses adversaires politiques. « Au lieu de parler de développement, le Premier ministre continue d’accuser tous les dirigeants de l’opposition d’insulter le pays. Il devrait créer un nouveau ministère, ‘Apamaan Mantralaya’, car c’est sur cela que son gouvernement semble le plus se concentrer », a-t-elle déclaré.
Elle a ajouté que chaque fois que le public pose une question au Premier ministre, celui-ci l’ignore ou « se met à crier que tout le monde l’insulte ». Elle a insisté sur le fait que Modi devrait plutôt répondre aux habitants du Bihar concernant la gestion présumée des deux dernières décennies sous le gouvernement de la NDA dans l’État.
(Avec des contributions de ANI et PTI)