La NBA entame sa saison 2025-2026 dans un tourbillon d’exploits sportifs, rapidement éclipsé par une enquête fédérale sur les paris sportifs. Malgré cette ombre, les premiers matchs ont offert des spectacles exceptionnels, marqués notamment par des performances individuelles stratosphériques.
Dès le mardi, les Rockets et le Thunder se sont livrés à un combat acharné qui a nécessité deux prolongations. Le jeudi, le Thunder, déjà sollicité la veille, a remis ça face aux Pacers, les deux équipes se départageant à nouveau après deux périodes supplémentaires. Ces rencontres haletantes, témoignant d’un début de saison particulièrement intense, ont vu le Thunder s’en sortir victorieux dans les deux cas, en grande partie grâce à une défense robuste face à Houston et à une prestation monumentale de Shai Gilgeous-Alexander, auteur de 55 points à Indiana. La fin des deux matchs coïncidait avec la diffusion des Golden State Warriors sur les chaînes nationales, qui attendaient le Thunder après 12 quarts-temps de jeu consécutifs.
Lors de la soirée d’ouverture, les Warriors avaient atomisé les Lakers malgré une performance de 43 points de Luka Dončić. Jeudi, ils ont confirmé leur domination en s’imposant en prolongation 137 à 131 face aux Denver Nuggets. Ces derniers ont pu compter sur un Aaron Gordon absolument époustouflant, qui a inscrit 50 points. Gordon, dont le pourcentage de réussite à trois points s’élevait à 33% en carrière avant la saison dernière, a prouvé que son amélioration à 44% l’an passé n’était pas un coup de chance. Il a converti 10 de ses 11 tirs à trois points et 17 de ses 21 tentatives au total. Difficile alors de comprendre comment les Nuggets ont pu perdre une partie où Gordon, Nikola Jokić et Jamal Murray ont cumulé 96 points.
La réponse tient en un nom : Stephen Curry. À 37 ans, et pour sa 17ème saison dans la ligue, la moindre once de déclin chez le meneur des Warriors est difficilement discernable. Il a terminé la rencontre avec 42 points, dont 35 inscrits en seconde mi-temps et en prolongation, agrémentés de six tirs à trois points. Curry a porté son équipe à bout de bras, réussissant une série personnelle de 16 points consécutifs sur six minutes, à cheval entre la fin du temps réglementaire et le début de la prolongation. À partir de 2 minutes 42 dans le quatrième quart-temps, il a surpassé les Nuggets individuellement, marquant 18 points contre 15 pour l’équipe adverse. À plusieurs reprises, les Nuggets ont cru pouvoir sceller le match, mais Curry s’est toujours interposé. À moins de deux minutes de la fin du temps réglementaire, alors que les Warriors accusaient trois points de retard, il a réalisé un coup de maître.
Avec 25 secondes restantes et un écart de trois points identique, il a de nouveau frappé. Il a ensuite entamé la prolongation par un tir à trois points, avant de sceller la victoire dans les 25 dernières secondes avec un panier et deux lancers francs, propulsant ainsi les Warriors à 2 victoires pour 0 défaite. Une performance sidérante, du genre « qu’est-ce que je viens de voir ? », dont seul Curry a le secret.
Ce qui rend la performance encore plus folle, c’est que Curry n’avait que sept points à la mi-temps. Même à ce stade avancé de sa carrière, qui le place parmi les cinq plus grands joueurs de tous les temps, il peut passer de zéro à cent à une vitesse inégalée. À 37 ans, il semble pouvoir se « réveiller » de nulle part et déclencher une offensive dévastatrice quand bon lui semble. Pour couronner le tout, il a ajouté sept passes décisives, six rebonds et trois interceptions, sans effort apparent.
Curry n’a rien perdu de sa vivacité. Au contraire, il semble même meilleur qu’auparavant. Moins prompt peut-être à changer de direction, mais toujours parmi les joueurs les plus agiles avec son dribble, il utilise la menace de son tir pour créer des espaces et des pénétrations, où il excelle dans la finition malgré le contact. Quant à son adresse ? Elle est toujours là, intacte. Sa capacité à rester en mouvement, poursuivi par toute une défense jusqu’à l’obtention du tir qui mène à la victoire, semble inépuisable. C’est un joueur hors normes. Bien que cela ne soit une révélation pour personne, il est un véritable régal de le voir jouer après toutes ces années, et il est clair qu’il n’a pas fini de nous impressionner.