Publié le 20 octobre 2025. Les relations diplomatiques entre les États-Unis et la Colombie ont pris un tournant décisif ce 19 octobre, suite à l’annonce par Donald Trump de la suspension de l’aide financière américaine. L’ancien président américain justifie cette décision par un prétendu échec de la Colombie dans la lutte antidrogue, accusant directement le président Gustavo Petro d’être un « narcotrafiquant ».
- Donald Trump accuse Gustavo Petro d’être un « narcotrafiquant » et annonce la fin de l’aide financière américaine.
- Gustavo Petro répond en qualifiant Trump de « grossier et ignorant » et l’invite à lire Gabriel García Márquez.
- L’ambassadeur colombien à Washington est convoqué pour des consultations face à cette crise diplomatique.
Dans une déclaration cinglante publiée sur le réseau social Truth Social, Donald Trump a affirmé : « Le président colombien Gustavo Petro est un leader du trafic de drogue qui encourage la production massive de drogues, à la fois dans de grands et de petits champs, dans toute la Colombie. C’est devenu de loin la plus grande entreprise de Colombie, et Petro ne fait rien pour l’arrêter, malgré les paiements et les subventions américaines à grande échelle. » En conséquence, l’ancien président a ajouté : « À partir d’aujourd’hui, ces paiements, ou toute autre forme de paiement ou de subvention, cesseront d’être effectués en Colombie. Le but de cette production de drogue est la vente massive de produits aux États-Unis, causant la mort, la destruction et le chaos. »
En retour, le président colombien Gustavo Petro n’a pas tardé à réagir. Accusant Donald Trump d’être « impoli et ignorant envers la Colombie », il a suggéré à l’ancien président américain de lire « Cent ans de solitude » de Gabriel García Márquez afin d’« apprendre quelque chose sur la société ». Le président Petro insiste depuis plusieurs semaines sur une réduction significative du taux de croissance des cultures de coca, affirmant que celle-ci est « presque nulle ». Le ministère des Affaires étrangères colombien a qualifié les accusations de Trump d’« acte de la plus grande gravité » et d’une offense « à la dignité du président ».
Cette escalade diplomatique a des répercussions immédiates. L’ambassadeur de Colombie aux États-Unis, Daniel García-Peña, a été convoqué à Bogotá pour analyser la situation. Des mesures seront annoncées dans les prochaines heures, a précisé la ministre des Affaires étrangères, Rosa Yolanda Villavicencio.
Plusieurs personnalités politiques colombiennes ont réagi à la crise. Les candidats à la présidence Abelardo de la Espriella et Juan Manuel Galán ont exprimé leurs points de vue. Juan Manuel Galán a critiqué la politique étrangère actuelle, estimant qu’il est crucial de « mettre fin à la paix totale » qui, selon lui, a désorienté les forces de l’ordre. Il a également souligné l’importance pour la Colombie de « marquer une rupture, une distance totale avec le régime de Nicolas Maduro ». Abelardo de la Espriella, quant à lui, a appelé à une pression politique et sociale sur le président Petro pour qu’il cesse ses attaques contre les États-Unis et relance la lutte antidrogue.
L’ancien président Álvaro Uribe a attribué cette crise à des problèmes internes colombiens, notamment « la domination de l’économie illicite » qui, selon lui, « détruit la jeunesse, la famille, la démocratie et la nation ». L’ancien ministre des Affaires étrangères Julio Londoño a déclaré que Petro « a enfin obtenu ce qu’il cherchait : la confrontation avec les États-Unis. »
Des voix comme celles de l’avocat Gregorio Eljach et de la médiatrice Iris Marín ont appelé à la prudence de part et d’autre.
Par ailleurs, le sénateur américain Lindsey Graham a indiqué que le président Trump envisageait d’annoncer des tarifs douaniers contre la Colombie, touchant ainsi « là où cela fait le plus mal : dans sa poche ».