Publié le 24 octobre 2025 14:00:00. La violoncelliste Terezie Kovalová, artiste pluridisciplinaire, a accordé un entretien où elle aborde son parcours atypique, mêlant musique classique et rock, mannequinat et réflexions personnelles profondes sur la liberté et l’identité.
L’artiste, qui a fait du violoncelle son instrument de prédilection malgré une orientation initiale vers le piano, explique que sa rencontre avec l’instrument a été déterminée par sa main gauche, jugée trop active par son professeur. Elle souligne par ailleurs la proximité du violoncelle avec la voix humaine, une qualité qui lui confère une résonance particulière, capable de toucher le corps et l’âme.
Interrogée sur ses ambitions, Terezie Kovalová confie avoir cherché une forme d’attention plutôt que la seule excellence. Son parcours l’a rapidement menée vers le monde du rock, une voie qu’elle a embrassée avec succès, se définissant elle-même comme une « rock star du violoncelle ».
Sa discographie témoigne d’une carrière riche et variée, comptant une cinquantaine d’albums et plus de 120 collaborations. Une carrière qui s’est construite au détriment de sa vie personnelle, Terezie Kovalová assumant pleinement cette orientation : « C’est ma vie, je la vis pleinement. » La musique est pour elle un refuge et un moyen de survie, un soutien constant face aux épreuves, y compris une douleur chronique qu’elle a appris à gérer grâce à la pratique instrumentale, comparable à une réponse opiacée.
Bien qu’elle n’ait pas la prétention d’avoir « popularisé » le violoncelle, elle observe une sous-représentation des femmes violoncellistes, attribuant cette situation aux exigences physiques de l’instrument et aux contraintes familiales pesant sur les femmes. Elle mentionne également les exigences physiques du mannequinat, un univers dans lequel elle a évolué avant de se consacrer pleinement à la musique.
Son parcours a été marqué par des expériences personnelles difficiles, dont un TDAH et une dépression non diagnostiqués, ainsi que des traumatismes comme le suicide d’un proche à l’âge de seize ans. Ces épreuves ont forgé son regard sur la vie et la création artistique, une « intériorité » qui peut mener au génie, mais à un prix.
Sur sa relation avec le monde du mannequinat, Terezie Kovalová reconnaît que son physique a été un atout, même si elle a longtemps lutté contre une image négative d’elle-même. Elle décrit des expériences contradictoires avec les agences de mannequins, qui lui demandaient tantôt de maigrir, tantôt de prendre du poids, la poussant finalement à abandonner cette voie pour se concentrer sur sa passion musicale.
« Pour moi personnellement, la liberté a toujours signifié pouvoir dire oui ou non à quelque chose — et je me fiche de ce que les autres en pensent à ce moment-là. »
Terezie Kovalová
Parmi ses collaborations les plus marquantes, elle cite Vivaldiano pour l’avoir initiée aux tournées mondiales, Vladivojna pour lui avoir ouvert la voie du « punk art », et David Stypka, l’une des rares personnes qu’elle ait personnellement sollicitées pour un projet commun. Elle mentionne également avec enthousiasme sa collaboration avec Sergueï Barracuda, qui l’a contactée directement.
Les projets futurs de Terezie Kovalová incluent une version orchestrale de son album électronique « ZINKA », ainsi qu’un projet intitulé « Our Homeland » qui explore l’identité nationale tchèque à travers des arrangements musicaux et narratifs. Elle exprime également son intérêt pour la fusion de la musique et des technologies numériques, notamment via des collaborations potentielles avec le Signal Festival, explorant l’intelligence artificielle et la création visuelle sonore.
Artiste aux multiples facettes, Terezie Kovalová (*1989, Ostrava) a étudié le violoncelle et la gestion musicale. Elle se produit régulièrement en concert, notamment avec le projet multimédia Vivaldianno et fait partie des groupes Un Animal nommé Automne et Quiet Season. Ses centres d’intérêt incluent la science-fiction, les bandes dessinées et la mode.
Interrogée sur le terme « boomer », elle l’associe à la « neuroplasticité sortante » et souligne l’importance de maintenir les liens intergénérationnels, une valeur qu’elle a hérité de son éducation musicale éclectique.
La violoncelliste insiste sur la notion de liberté, particulièrement pour les femmes, un concept encore en construction. Elle évoque également son expérience en tant que survivante de violences domestiques, une thématique qu’elle juge essentielle à aborder, et les défis relationnels liés à sa visibilité et à l’instabilité de sa vie.
À court terme, Terezie Kovalová sera en concert pour présenter son disque ZINKA à Brno (13 novembre), Dresde (9 novembre) et Ostrava (21 décembre). Les amateurs de musique classique pourront la retrouver dans le cadre du projet Vivaldianno au Théâtre Hybernia, ainsi que dans la pièce « Vrány » au théâtre X10.
Podcast Boomer Talk
Le podcast « Boomer Talk », animé par Miloš Pokorný, est publié deux fois par mois sur Podcasty.cz. Il explore les contrastes entre l’ancien et le nouveau, invitant des personnalités d’horizons divers à échanger sur ces thématiques. Le terme « baby-boomer » est ici employé de manière satirique pour désigner une attitude critique envers les générations plus jeunes.