Home Divertissement The Blood Countess review – Isabelle Huppert reigns supreme in a surreal vampire fantasia | Movies

The Blood Countess review – Isabelle Huppert reigns supreme in a surreal vampire fantasia | Movies

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Vienne tremble face au retour d’une figure légendaire et terrifiante : la comtesse Elizabeth Báthory, noble hongroise du XVIe siècle tristement célèbre pour ses crimes. Le nouveau film d’Ulrike Ottinger, une œuvre gothique et décalée, explore les sombres recoins de la ville à travers les yeux de cette immortelle assoiffée de sang.

Isabelle Huppert incarne avec une froideur fascinante la comtesse Báthory, un rôle qu’elle semble avoir été destinée à jouer. L’actrice ne cède pas un pouce de son habituelle prestance, offrant une interprétation parfaitement adaptée à la noblesse aristocratique et au mépris élégant du personnage. Son regard énigmatique, oscillant entre rêverie et évaluation glaciale, et son demi-sourire amusé face à la vulgarité de son entourage, sont autant de traits qui subliment son jeu.

Dans ce récit qui se déroule à l’époque contemporaine, la comtesse Báthory réapparaît à Vienne, ancienne capitale de l’empire austro-hongrois. On la découvre d’abord glissant dans les égouts de la ville, tel un vaisseau royal, avec une désinvolture qui rappelle Harry Lime dans Le Troisième Homme. Comme lui, elle finira par faire une apparition remarquée dans la grande roue (Riesenrad) de Vienne.

Accompagnée de sa fidèle servante Hermine (Birgit Minichmayr), la comtesse se consacre à renouer avec sa famille, notamment son neveu Rudi (Thomas Schubert), un descendant effacé et mélancolique, suivi par son thérapeute Theobald (Lars Eidinger). Rudi, passionné d’art, croit avoir découvert dans un tableau la preuve d’un texte poétique capable de guérir un vampire de son immortalité en le faisant verser des larmes de chagrin. Un espoir qui laisse indifférente la comtesse, plus intéressée par étancher sa soif.

Rapidement, une série de meurtres macabres plonge la ville dans la peur. Le film, imprégné d’un humour noir et surréaliste, enchaîne les épisodes étranges, parfois brillants, parfois un peu forcés. Le scénario, co-écrit par la romancière autrichienne et prix Nobel de littérature Elfriede Jelinek, laisse sa marque, notamment dans les scènes les plus sombres, comme celles se déroulant dans les toilettes publiques.

On peut se demander quelle part de ce récit décalé est imputable à Jelinek. Peut-être les scènes les plus crues, ou encore cette quête d’un texte rédempteur et de larmes salvatrices, dont l’issue reste incertaine. L’histoire n’est pas, en définitive, le principal objectif du film. À un moment donné, la comtesse fait une entrée triomphale sur les notes de la Marche de Radetzky, souvent perçue comme un hymne de droite.

Ce portrait de la comtesse Báthory peut être interprété comme une satire de la classe dirigeante autrichienne, de son éternel snobisme et de sa vanité. On pourrait rêver d’une approche plus réaliste, plus ancrée dans la peur ou l’érotisme, où l’humour ne servirait pas d’alibi pour masquer le ridicule. Peut-être même une révision de l’histoire, à la manière de Wicked, qui montrerait la comtesse sous un jour nouveau, victime de la misogynie et finalement innocente ?

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