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‘The Chair Company’ Premiere Recap: Not All That Serious

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Tim Robinson, maître ès délires paranoïaques nés de l’humiliation publique, frappe fort avec The Chair Company, sa nouvelle comédie déjantée diffusée sur HBO. Le premier épisode, « Life Goes By Too F**king Fast, It Really Does », pose les bases d’une intrigue aussi absurde que captivante, plongeant un cadre marketing dans un maelström conspirationniste.

L’univers de Tim Robinson se caractérise par des personnages aux accès de rage ou de douleur explosifs, mais aussi par une anxiété profonde et une obsession à vouloir prouver qu’ils font partie du délire. Si l’on pense à l’affable Tim Cramblin de Detroiters, les personnages de sa série anthologique I Think You Should Leave divergent vers une excentricité plus poussée. Craig Waterman, le cadre interprété dans le film Friendship (2024), marquait une nouvelle étape vers une noirceur plus pathétique du même archétype névrotique. The Chair Company semble être le prolongement logique de cette exploration, se concentrant cette fois sur Ron Trosper.

Ron Trosper, à l’instar de Craig Waterman, est un travailleur acharné et un homme de famille, s’efforçant de projeter une image de confiance et de compétence, tant au bureau qu’à la maison. Mais contrairement à Craig, Ron semble initialement réussir dans ses entreprises. Il jouit du respect de ses collègues et de l’admiration de sa femme Barb (Lake Bell), de sa fille Natalie (Sophia Lillis) et de son fils Seth (Will Price). Il dirige un projet ambitieux de développement de centre commercial à Canton, Ohio, pour l’entreprise Fisher Robay, et semble bénéficier d’un soutien sans faille. Cependant, le vernis craque après un discours d’ouverture étonnamment réussi. Alors qu’il s’assoit, la chaise sous lui se brise, le laissant sonné et étalé au sol. Cette humiliation publique constitue l’élément déclencheur de The Chair Company.

Si Friendship constitue un point de comparaison évident, notamment grâce à la réalisation d’Andrew DeYoung et à la partition musicale de Keegan DeWitt, The Chair Company est également le fruit de la collaboration entre Tim Robinson et Zach Kanin, déjà aux commandes de Detroiters et I Think You Should Leave. Une sensibilité comique commune traverse ces projets, reflétant ce que le public attend d’une œuvre de Tim Robinson. L’exemple de la dispute entre Ron et un jeune serveur lors d’un dîner de famille illustre bien cette dynamique. Ron prend très personnellement le commentaire du serveur sur le fait qu’il n’a pas visité de centre commercial depuis ses 14 ans. Cette propension à s’offusquer est récurrente chez Ron, tout comme son agacement face à la légèreté de son collègue Douglas (Jim Downey) qui fait des bulles partout, au motif que « la vie n’est pas si sérieuse ».

Comme la plupart des personnages de Robinson, Ron accorde une importance capitale à l’intégration sociale, craignant autant l’attention qu’il la recherche. Le lendemain de l’incident de la chaise, il désamorce la tension au bureau en se moquant de lui-même, mais se sent mal à l’aise face à l’hilarité de ses collègues. Poussé par ce malaise, il se lance alors dans une quête désespérée contre l’entreprise de chaises incriminée, Tecca.

C’est à ce moment que l’épisode bascule dans une veine de thriller conspirationniste surréaliste, une ambiance qui devrait perdurer. Le numéro de téléphone figurant sur le site de Tecca renvoie vers National Business Solutions, qui refuse de le transférer au fabricant. Les échanges avec le service client sont infructueux, et l’adresse e-mail de support, obscure, génère des réponses de rejet. « Mais qu’est-ce que c’est que ce bordel ?! » s’exclame Ron, comiquement sidéré.

Bien que ce premier épisode se concentre sur le lancement de l’enquête de Ron, il est déjà intéressant de noter les choix narratifs de la série. La famille Trosper est peu présente. Sa femme et ses enfants apparaissent comme des archétypes volontairement évanescents, projections d’une famille nucléaire idéale. On apprend que Seth cherche des universités, et que Ron ajoute sans cesse des photos et des chansons à la présentation pour le dîner de répétition de Natalie, mais c’est à peu près tout. L’épisode privilégie les détours narratifs étranges au développement conventionnel des personnages, un parti pris que le spectateur peut accepter pour le moment.

Prenons le cas du personnage hilarant et anonyme du concierge, qui intervient à deux reprises : d’abord en niant catégoriquement que sa « brouette intérieure » sorte, puis en apparaissant dehors avec ladite brouette. Il y a aussi Amanda, une collègue qui comprend parfaitement que Ron n’a pas cherché à regarder sous sa jupe lors de sa chute, mais qui ressent tout de même le besoin de signaler l’incident aux ressources humaines. Tout semble se déliter au travail, d’autant plus que l’agaçant Douglas disperse ses bulles et distrait Doris pendant que Ron tente de filmer son problème de hanche et le risque lié à la chaise défectueuse. (Quelqu’un au téléphone lui a précisé que le service juridique de Tecca le contacterait directement en cas de blessure avérée.)

L’épisode prend une tournure assez éprouvante vers la fin, débutant par la visite de Ron à l’entrepôt clôturé à l’ancienne adresse de Tecca à Newark, Ohio. Il y découvre des clichés érotiques étranges dans une imprimante et ce qui ressemble à… une énorme boule rouge gonflable ? Puis, alors qu’un vieil œuf farci le pousse à se précipiter aux toilettes, il entend des pas et un long cri. L’atmosphère rappelle celle de Beau Is Afraid. Il est contraint de fuir avant même d’avoir pu s’essuyer correctement.

De retour au travail, Ron rencontre Brenda, une cadre, et le directeur juridique du projet de Canton. Apparemment, des adolescents ont fait la fête sur le chantier la veille et l’un d’eux a failli mourir. De plus, un enseignant était présent, torse nu. Ce scénario étrange et mal expliqué suffit à faire revenir Ron à ses préoccupations professionnelles et à mettre Tecca de côté… pour quelques minutes. En quittant les lieux, un homme le suit rapidement sur le parking et lui intime de cesser ses recherches sur l’entreprise de chaises, le frappant brièvement avec une matraque avant de s’éloigner. La scène ne s’arrête pas là : une fois remis, Ron se relève et poursuit son agresseur, la proie devenant chasseur. Il est à noter que Ron ne ramasse pas la matraque tombée au sol pour se défendre, ni qu’il poursuit son assaillant au-delà de sa portée, alors que celui-ci lui échappe en laissant derrière lui sa chemise déboutonnée. Ron s’arrête net.

À ce stade, il est impossible de prédire l’issue de cette intrigue. (La série rappelle à bien des égards la série sous-estimée de Nathan Fielder, The Curse.) Mais pour l’heure, The Chair Company se révèle aussi drôle, étrange et captivante que promis. Elle se distingue des précédentes œuvres de Tim Robinson, tout en restant indéniablement un projet à sa signature. « Je ne sais pas ce que c’est que tout ce merdier, et j’ai foutrement peur. »

  • « Pourquoi diable essaient-ils de prendre cette fichue chose ? Ils adorent prendre cette chose, bon sang. »
  • « Je suppose que je n’aurais pas dû manger ce dernier Cheez-It ce matin. »
  • Trois moments comiques physiques ex aequo pour le titre de plus drôle de l’épisode : les spasmes paniqués de Ron dans l’espace confiné sous son bureau ; sa préparation de dîner bruyante ; et Douglas qui tapote les cheveux de Doris avec du papier d’imprimante pour effacer les bulles.
  • Bonne réplique en arrière-plan : Pendant que Ron téléphone en surveillant Doris, on l’entend dire : « Oh, putain ! Tu m’as donné ce papier trop fort. »
  • « Je pense juste que les RH devraient savoir que vous m’avez vue sous la jupe. Le jour de mon anniversaire. »
  • Ron laisse un commentaire sincère sur la vidéo YouTube de « I Got a Name » de Jim Croce, évoquant l’idée de vouloir faire quelque chose de sa vie, sans y parvenir. Il sera intéressant de voir comment ces peurs profondes influenceront son obsession pour Tecca.

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