Le Festival de Cannes s’ouvre avec The Electric Kiss, une farce d’époque signée Pierre Salvadori. Si le film séduit par son élégance et son charme, son ambition romantique peine toutefois à s’épanouir pleinement.
Situé dans le cadre pittoresque de la Belle Époque, le récit met en scène un peintre rongé par le chagrin et frappé par un blocage créatif. Pour le relancer, son agent manipulateur engage une fausse médium, chargée de simuler un contact avec l’ancienne amante disparue de l’artiste, dans l’espoir que cette révélation stimule la production de tableaux à forte valeur marchande.
Co-écrit et réalisé par Pierre Salvadori, le long-métrage rappelle certaines œuvres de la période intermédiaire de Woody Allen ou encore Blithe Spirit de Noël Coward. Néanmoins, le film semble ignorer une piste narrative évidente : celle où le défunt perturberait les comploteurs en s’exprimant réellement via la medium. L’œuvre évoque également Colours of Time (La Venue de l’avenir) de Cédric Klapisch, présenté au festival l’an dernier, bien que la dimension comique y paraisse ici plus laborieuse.
Malgré ses qualités esthétiques, la substance du film divise. L’œuvre est ainsi décrite comme :
« une confiserie collante, gluante et légèrement fade, une comédie sur l’art pour laquelle tout le monde n’a pas forcément le palais »
En somme, si le film possède une certaine grâce, sa fantaisie romantique ne parvient jamais tout à fait à s’enflammer.