Home Divertissement The Rose Field by Philip Pullman – nail-biting conclusion to the Northern Lights series | Fiction

The Rose Field by Philip Pullman – nail-biting conclusion to the Northern Lights series | Fiction

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Philip Pullman conclut sa saga « Le Livre de la Poussière » avec « Le Champ des Roses », un volume final où le monde tel que nous le connaissons semble se déliter. Institutions vacillantes, crise économique inexplicable et pouvoir érodé par des forces obscures : l’auteur dépeint un univers parallèle, pourtant étrangement familier, en proie à des bouleversements majeurs.

Un monde en mutation profonde

Dans le dernier opus de la trilogie « Le Livre de la Poussière », Philip Pullman pousse à son paroxysme la mirroring de notre propre réalité. Les structures de pouvoir s’effondrent ou se recomposent selon des lignes inquiétantes. Une « force invisible » ravage « l’air et les saisons », tandis que « l’argent se corrompt, et nul ne sait pourquoi ». Les gouvernements perdent leur influence au profit de théocrates, de conglomérats financiers et de foules en colère. « Quelque chose est à l’œuvre, très discrètement, très subtilement », constate le marchand Mustafa Bey, observant la Route de la Soie depuis un café d’Alep. « Les choses que nous pensions solides s’affaiblissent et cèdent. »

« Le Champ des Roses » : la quête de Lyra

C’est cette interrogation sur la nature de ce « quelque chose » et sur la manière d’y faire face qui anime « Le Champ des Roses », suite directe de « La Communauté des ombres ». Ce roman marque le retour de Pullman dans le monde qu’il a unveil il y a trente ans avec « Les Royaumes du Nord », une géographie calquée sur la nôtre mais dont l’histoire diverge, où les humains côtoient des daemons, âmes sous forme animale, et où la technologie s’entremêle à la magie.

Lyra, que nous avons découverte à douze ans dans la trilogie « Les रक्षा », puis comme un bébé dans « La Belle Sauvage », est désormais une jeune femme. Toujours aussi vive et tenace, elle porte pourtant le poids des années, une certaine mélancolie et une prudence accrue. Sa séparation d’avec son daemon, Pantalaimon, amplification de cette circonspection, fut ironiquement le déclencheur de leur éloignement. La quête de Lyra pour retrouver cette part d’« imagination » enfantine, qu’elle symbolise, et pour se réunir avec son daemon, avait déjà initié le voyage initiatique de « La Communauté des ombres ».

Montée des périls et convergence des intrigues

Mais sous la surface de ce périple à travers l’Europe et le Caucase, des courants plus sombres se dessinaient déjà. Le Magisterium, autorité ecclésiastique incarnant un mal bureaucratique glaçant, est sous une nouvelle direction et entend bien étendre son emprise. Marcel Delamare, oncle de Lyra et tenant pour responsable sa sœur du décès de sa propre sœur, est devenu président du Haut Conseil du Magisterium. Il compte bien user de ce pouvoir pour étendre la domination de l’Église. Parallèlement, Malcolm Polstead, qui avait jadis porté la petite Lyra en sécurité sur la Tamise inondée, est désormais un universitaire à Oxford, discret agent de renseignement. Envoyé à Genève, il cherche à comprendre les intentions de Delamare.

Au cœur de ces enjeux se trouve le mystère d’une huile de rose rare et précieuse, semblant être à l’origine d’une crise socio-économique partant d’Asie Centrale. Perçue tantôt comme une simple marchandise, tantôt comme un miracle scientifique ou spirituel, elle est pour d’autres, les fanatiques « hommes des montagnes », une abomination à éradiquer. Sa provenance, sa signification et son sort imminent – destruction ou préservation – deviennent des questions centrales.

Contrairement à « La Communauté des ombres » où ces fils narratifs se déroulaient en parallèle, « Le Champ des Roses » les voit converger. Comme dans « Les Royaumes du Nord », les actions de Lyra et son destin se révèlent indissociables du sort du monde. Sa quête personnelle de réunification avec son daemon et de récupération de son imagination devient le champ de bataille d’une guerre plus vaste contre un régime autoritaire cherchant à étouffer l’indépendance de pensée, la créativité et l’art – ces remparts intérieurs de la liberté.

L’imagination comme ultime rempart

Le roman débute avec la découverte de curieuses « fissures » dans l’atmosphère terrestre, des ouvertures donnant sur d’autres mondes, dont l’une semble être la source de la controversée huile de rose. Le Magisterium, sous la houlette de Delamare, voit dans ces « fenêtres » une menace pour son dogme et décide de les éradiquer. Pourtant, à mesure que Lyra s’éloigne d’un rationalisme rigide pour renouer avec son intuition, sa conviction que ces lieux doivent être protégés, qu’ils portent une signification essentielle, se renforce. « La Poussière, l’huile de rose, l’imagination, le Champ des Roses, peu importe comment on appelle ça », déclare-t-elle, « nous en avons besoin. » La scène est prête pour une confrontation shakespearienne entre l’innocence et l’expérience.

Avec ses 640 pages, « Le Champ des Roses » offre le souffle nécessaire à une conclusion digne de la trilogie de Pullman. Si certains détours narratifs semblent parfois sinueux et des personnages mineurs introduits sans finalité claire, la force motrice de l’histoire maintient le cap. Le passage de Lyra à l’âge adulte est dépeint avec une douleur et une justesse remarquables. Encore une fois, Pullman utilise la relation avec son daemon pour explorer les tourments intérieurs de son héroïne, d’une manière unique à son univers. Malcolm s’avère être un remplaçant inattendu mais réussi de Will, le partenaire de Lyra dans la première trilogie ; un personnage riche et complexe, dont les sentiments pour Lyra, et réciproquement, offrent un contrepoint adulte à leur relation précédente. La capacité de Pullman à évoquer des lieux avec une précision saisissante est une nouvelle fois au rendez-vous, des étendues désertiques de la Route de la Soie aux montagnes majestueuses, contrastant avec les toits d’Oxford ou les neiges du Svalbard. La confrontation finale s’annonce comme un moment d’une intensité redoutable.

Cependant, les fins sont toujours périlleuses, d’autant plus que « Les Royaumes du Nord » avait offert l’une des conclusions les plus satisfaisantes de la littérature contemporaine. « Le Livre de la Poussière », en revanche, laisse une impression de fils à peine démêlés. Ce choix semble délibéré de la part de Pullman, reflétant le fait que cette saga s’adresse à un public adulte, où les fins de contes de fées font partie des « choses d’enfance » laissées derrière. À l’instar d’Hilary Mantel affirmant qu’il n’y a « pas de fins, seulement des commencements », Pullman clôt son œuvre magistrale tout en suggérant que le parcours de ses personnages est loin d’être achevé. « Nous avons besoin des choses que nous ne pouvons expliquer, ni prouver, sans quoi nous mourrons d’étouffement », dit Lyra vers la fin du roman. Avec « Le Livre de la Poussière », Philip Pullman nous offre un espace pour respirer.

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