Deux disquaires d’Irlande du Nord se lancent dans une course effrénée vers le sud pour acquérir des vinyles rares, espérant ainsi renflouer les caisses de leur boutique menacée de fermeture. C’est le point de départ de « The Spin », une comédie road movie déjantée qui flirte avec l’univers de Nick Hornby, réputée pour son humour parfois bancal mais résolument sympathique.
Dermot (Brenock O’Connor) et Elvis (Owen Colgan) tiennent une échoppe de vinyles à l’ancienne à Omagh, dans le comté de Tyrone. Leur quotidien est rythmé par la peur de leur propriétaire, Sadie (Tara Lynne O’Neill), qui menace de les expulser faute de loyer payé. Désespérés, ils apprennent qu’un fermier de Cork met en vente des disques supposément issus de la légende du blues Robert Johnson pour la modique somme de 30 £ (environ 35 €). Ignorant la véritable valeur de ces trésors, ils y voient la solution miracle.
Leur périple les mène alors dans une quête rocambolesque pour convaincre le fermier de leur céder ces vinyles pour une bouchée de pain, avec l’intention de les revendre ensuite pour ce qu’ils imaginent être un gain colossal de 40 000 dollars (environ 37 000 €). Cette entreprise audacieuse soulève la question de la vente de leur âme, rappelant la légende de Robert Johnson, qui aurait pactisé avec le diable à une croisée de chemins isolée pour obtenir son talent musical exceptionnel.
Au fil de leur voyage, Dermot et Elvis affrontent une série d’aventures chaotiques, pimentées par des dialogues surréalistes qui font le sel du film. Elvis, récemment divorcé, a promis à sa fille un cheval pour son anniversaire. Il confie à Dermot qu’un cheval d’occasion ferait l’affaire. « Mais tous les chevaux sont d’occasion… quand on les obtient », rétorque pensivement Dermot. Une pause cinéma pour visionner un film d’animation terrifiant sur un requin les amène à conclure qu’un requin doté de pattes est une perspective particulièrement dérangeante. Plus tard, dans un moment de pause, l’un d’eux s’exclame avec dégoût : « Je viens de voir deux pigeons en train de se chamailler là. » Une illustration parfaite de leur humour décalé.