Home International « The Washington Post », déjà dans la tourmente après une vague massive de licenciements, voit le départ de son directeur général

« The Washington Post », déjà dans la tourmente après une vague massive de licenciements, voit le départ de son directeur général

0 comments 38 views

La tempête ne faiblit pas au Washington Post. Quelques jours après l’annonce d’un plan de restructuration drastique impliquant des suppressions d’emplois massives, le quotidien américain a annoncé le départ de son directeur général et directeur de la publication, Will Lewis.

Dans un message adressé aux employés, révélé sur les réseaux sociaux, Will Lewis a déclaré qu’« après deux années de transformation du Washington Post, c’est le bon moment » pour lui de « prendre du recul ». Il sera immédiatement remplacé par Jeff D’Onofrio, directeur financier du journal depuis 2025 et fort d’une expérience dans le secteur de la publicité numérique.

Will Lewis, ancien journaliste connu pour avoir révélé un scandale sur les dépenses des parlementaires britanniques à la fin des années 2000, avait été nommé en janvier 2024 avec pour mission de redresser la situation du journal. Le Washington Post, célèbre pour ses révélations sur le scandale du Watergate et lauréat de nombreux prix Pulitzer, traverse une période de crise depuis plusieurs années.

L’annonce, mercredi, d’un plan de suppression d’environ 300 postes sur un total de 800 a provoqué une onde de choc, d’autant plus qu’elle intervient dans un contexte de rapprochement entre Jeff Bezos, propriétaire du journal et fondateur d’Amazon, et Donald Trump, qui a régulièrement attaqué la presse traditionnelle depuis son retour au pouvoir.

Plusieurs services ont été affectés, voire supprimés. Une grande partie des correspondants à l’étranger, notamment ceux couvrant le Moyen-Orient, ainsi que ceux basés en Russie et en Ukraine, ont été licenciés. Les services dédiés aux sports, à la littérature, aux podcasts, à l’information locale et à l’infographie ont également été fortement réduits, voire supprimés.

Selon des informations de presse, le journal enregistre des pertes financières depuis plusieurs années. Il aurait subi une baisse significative du nombre d’abonnés après que sa direction ait choisi de ne pas prendre position avant l’élection présidentielle de 2024, remportée par Donald Trump. Beaucoup y ont vu l’influence de Jeff Bezos, qui s’était affiché publiquement aux côtés de Donald Trump lors de sa cérémonie d’intronisation et dont le groupe Amazon a financé un documentaire sur son épouse, Melanie Trump.

« Sous ma direction, des décisions difficiles ont été prises, pour assurer un avenir durable au Post et lui permettre, pendant de nombreuses années, de continuer à publier des informations de haute qualité et impartiales à des millions de lecteurs chaque jour », a écrit Will Lewis dans son message aux employés.

Martin Baron, ancien rédacteur en chef du journal et figure emblématique du journalisme américain, a exprimé son regret sur Facebook, qualifiant cette journée de « l’un des jours les plus sombres de l’histoire » du Washington Post.

Aux États-Unis, comme ailleurs, les médias traditionnels sont confrontés à des difficultés financières liées à la baisse de leurs revenus publicitaires et du nombre d’abonnements, face à la concurrence des réseaux sociaux et aux faibles revenus générés par la publicité en ligne par rapport à l’ère de la presse imprimée. Selon le Wall Street Journal, le Washington Post aurait perdu 250 000 abonnés numériques après avoir refusé de soutenir la candidate démocrate et aurait enregistré des pertes d’environ 100 millions de dollars (environ 93 millions d’euros) en 2024 en raison de la baisse des revenus publicitaires et du nombre d’abonnements. Cependant, d’autres quotidiens nationaux américains, comme le New York Times et le Wall Street Journal, ont réussi à se redresser, une performance que le Post n’a pas su reproduire, malgré le soutien financier d’un milliardaire.

Leave a Comment

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.