E.J. Warner, fils de la légende Kurt Warner, tente aujourd’hui de forcer les portes de la NFL. Actuellement en essai lors du minicamp des rookies des Denver Broncos, le jeune quarterback suit les traces d’un père dont le parcours reste l’un des plus improbables de l’histoire du sport.
S’exprimant auprès de Chris Tomasson du Denver Gazette, Kurt Warner a livré un témoignage sincère sur la situation actuelle de son fils. Pour le membre du Hall of Fame, le parallèle avec ses propres débuts est frappant.
« Il se trouve dans la même situation que moi pendant longtemps : il espère simplement que quelqu’un lui donne sa chance. »
Kurt Warner
Cette opportunité à Denver arrive après un premier essai chez les Kansas City Chiefs qui n’avait pas abouti à un contrat. Selon Kurt Warner, les perspectives sont bien plus encourageantes dans le Colorado, tant au niveau de la composition de l’effectif que de la philosophie de jeu.
« Je pense que cette semaine avec Denver, il a plus de chances compte tenu de leur effectif. De plus, je pense que l’offensive de Sean Payton correspond très bien à la manière dont E.J. joue. »
Kurt Warner
L’ombre d’un père aussi illustre n’est cependant pas sans poids. Interrogé sur la pression qui pèse sur les épaules de son fils, l’ancien champion a admis que celle-ci était inévitable : « Je suis certain qu’il y a toujours une pression quand votre père a joué à ce poste à un niveau très élevé. Tout le monde s’attend à ce que vous soyez comme lui. Il serait impossible de ne pas ressentir cela dans une certaine mesure, mais je pense qu’il fait un excellent travail pour écrire sa propre histoire. »
Un chemin étroit vers la NFL
Le défi est d’autant plus grand qu’E.J. Warner n’a pas été sélectionné lors du repêchage (draft). Chez les Chiefs, la concurrence était quasi insurmontable avec un effectif pléthorique composé de Patrick Mahomes, de la recrue Justin Fields, du choix de 7e tour Garrett Nussmeier et du vétéran Chris Oladokun.

À l’inverse, la situation chez les Broncos semble offrir une brèche. Si l’équipe compte Bo Nix, Jarrett Stidham et Sam Ehlinger, ces trois joueurs ne participent pas au minicamp des rookies. Si E.J. parvient à convaincre le staff technique, il pourrait légitimement espérer une place sur le roster élargi à 90 joueurs.
Sur le plan sportif, E.J. Warner possède une expérience solide avec 41 titularisations au cours de son parcours universitaire entre Temple, Rice et Fresno State. Il y a accumulé 10 844 yards, 71 touchdowns et 48 interceptions. Ses mensurations sont toutefois jugées inférieures à la moyenne : il mesure environ 1,81 m (5 pieds 11 pouces et demi). Un détail qui pourrait être atténué par l’expérience de Sean Payton, qui a dirigé Drew Brees, l’un des meilleurs quarterbacks de l’histoire mesurant également moins de 1,83 m.
L’héritage de la résilience
Pour E.J., l’exemple le plus inspirant se trouve au sein de son propre foyer. Le parcours de Kurt Warner est l’archétype de l’ascension sociale et sportive. Non sélectionné en 1994 après sa carrière à Northern Iowa, il a connu l’échec initial avec les Green Bay Packers avant de passer par l’Arena Football League et la NFL Europe.
Ce chemin tortueux, qui l’a conduit à travailler dans une épicerie avant de devenir le titulaire des St. Louis Rams en 1999, a fait de lui une icône. Sa persévérance lui a permis de remporter un Super Bowl, d’être sacré deux fois MVP de la ligue et d’intégrer le Hall of Fame.
Au-delà du talent, c’est cette leçon de patience et de résilience que Kurt Warner souhaite transmettre à son fils : dans la NFL, l’opportunité peut arriver à tout moment, à condition d’être prêt le jour J.