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Tianwen 2: 125 jours dans l’espace de sonde chinois le plus secret

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Publié le 2 octobre 2025. La sonde spatiale chinoise Tianwen-2, lancée le 28 mai dernier, continue son périple interplanétaire. Alors que sa santé est jugée parfaite, des interrogations subsistent quant à la communication visuelle de la mission, marquée par une discrétion inhabituelle concernant la présentation de l’engin avant son départ.

  • La sonde Tianwen-2 a été lancée le 28 mai dernier depuis Xichang à bord d’une fusée CZ-3B.
  • Il s’agit de la quatrième mission spatiale au monde visant le retour d’échantillons d’astéroïde, après les succès japonais et américain.
  • Des images partielles de la sonde ont été diffusées progressivement, mais une vue d’ensemble complète avant le lancement reste absente.

La mission spatiale chinoise Tianwen-2, lancée avec succès le 28 mai dernier depuis le centre spatial de Xichang, poursuit sa trajectoire interplanétaire. Cette sonde représente la quatrième initiative mondiale de retour d’échantillons d’astéroïde, se plaçant dans la lignée des missions japonaises Hayabusa et Hayabusa 2, ainsi que de l’américaine Osiris-Rex. Après 125 jours dans l’espace, l’état de santé de Tianwen-2 est officiellement déclaré « parfait ».

Cependant, un voile de mystère plane sur la présentation visuelle de la sonde. Contrairement à la pratique habituelle où des photographies complètes d’un engin spatial civil sont généralement publiées peu avant ou juste après le lancement, peu d’images détaillées de Tianwen-2 ont été rendues publiques. Le jour du décollage, seules des visualisations artistiques étaient disponibles. Ce n’est que le 6 juin, soit plusieurs jours après son envol, que l’Administration spatiale nationale chinoise (CNSA) a diffusé une photographie d’un des deux panneaux solaires circulaires déployés de la sonde. Au moment de cette publication, l’engin se trouvait déjà à 3 millions de kilomètres de la Terre. Ces panneaux circulaires sont une caractéristique innovante de Tianwen-2, rappelant la conception de la sonde américaine Lucy.

Le 1er juillet, 33 jours après son lancement et alors qu’elle se situait à 12 millions de kilomètres de notre planète, le CNSA a partagé deux nouvelles images. Celles-ci ne représentaient pas la sonde elle-même, mais offraient une vue inédite de la Terre et de la Lune prises le 29 mai, à une distance d’environ 590 000 kilomètres. Ces photographies de qualité, réalisées par une sonde chinoise au-delà de l’orbite lunaire, marquent une étape importante, les clichés antérieurs de Tianwen-1 n’ayant pas atteint la même résolution en raison de la distance et des conditions d’éclairage.

Une nouvelle avancée visuelle a eu lieu le 1er octobre, coïncidant avec l’anniversaire de la fondation de la République populaire de Chine. Le CNSA a alors dévoilé une image montrant une partie de la sonde en orbite. La photographie révèle la Terre en arrière-plan, suggérant une prise de vue peu après le lancement. On y distingue la capsule de retour d’échantillons, d’un blanc éclatant, ainsi qu’un des moteurs ioniques Lips-300S. Un panneau solaire, vraisemblablement celui déjà aperçu le 6 juin, est également partiellement visible, aux côtés d’un drapeau chinois bien en évidence. Cette image de la sonde dans l’espace interplanétaire est la deuxième du genre après celle de Tianwen-1.

La présence de ce drapeau soulève des questions, notamment concernant l’existence potentielle d’une caméra similaire à celle de Tianwen-1, qui avait permis de capturer des « selfies » grâce à une caméra largable. Bien qu’une telle fonctionnalité soit probable, son utilisation n’a pas été officialisée. Les deux images de la sonde dans l’espace ont été prises par une caméra intégrée au bras robotique, celui-là même qui sera chargé de collecter les échantillons de l’astéroïde. Ce bras, ainsi que le système d’approche de l’astéroïde Kamo’oalewa, pourraient expliquer la discrétion entourant la mission, évoquant des technologies potentiellement similaires à celles utilisées pour des missions de couplage satellitaire aux fins de surveillance, telles que les systèmes Shijian.

Le bras robotisé, utilisé pour les images « selfie », est le fruit du travail de « The 5th Academy », un acteur majeur dans la construction de satellites et de vaisseaux spatiaux pour le compte de la CNSA. La caméra associée a été développée par le 508 Institute of CAS. Le drapeau chinois, conçu pour résister aux rayons ultraviolets, s’inspire des modèles utilisés lors des missions lunaires Chang’e 3 et 4.

La capsule de retour d’échantillons de Tianwen-2, la première du genre à ramener des matériaux extraterrestres au-delà de la Lune, présente une conception distincte des capsules « mini-Shenzhou » des missions Chang’e 5 et 6. Elle effectuera une rentrée balistique directe à une vitesse quasi d’échappement. Sa forme, avec un bouclier thermique moins pointu que les capsules américaines, rappelle davantage celles des sondes japonaises Hayabusa.

Actuellement, Tianwen-2 se trouve à 43 millions de kilomètres de la Terre et à 45 millions de son premier objectif, l’astéroïde 469219 Kamo’oalewa (2016h03), qu’elle devrait atteindre l’année prochaine. Si la mission se déroule comme prévu, la capsule devrait atterrir en Mongolie intérieure en 2027 avec des échantillons de l’astéroïde. La sonde poursuivra ensuite sa route vers la comète 311p/Elst-Pizarro, qu’elle atteindra en 2035. Parallèlement, le 30 octobre, une manœuvre significative est prévue avec l’utilisation de son moteur chimique principal pour une opération en espace lointain.

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