Publié le 2025-10-09 14:45:00. L’UEFA cherche à consolider sa position en s’alliant avec les clubs européens via une nouvelle structure commerciale. Cette démarche, visant à maximiser les revenus, suscite des inquiétudes quant à l’équité des compétitions nationales.
L’UEFA semble adopter une stratégie de rapprochement avec les puissants clubs européens, y compris ceux qui avaient soutenu la Superligue européenne. La création de la société commerciale UC3, une coentreprise détenue conjointement avec l’ECA (Association des Clubs Européens), marque une étape clé dans cette nouvelle ère. Cette alliance vise à capitaliser sur les droits commerciaux des compétitions, promettant des bénéfices significatifs pour les clubs fortunés tels que le Paris Saint-Germain et Manchester City.
La présence de Joan Laporta, président du FC Barcelone, à l’assemblée générale de l’ECA à Rome, témoigne de ce rapprochement. Laporta, autrefois un ardent défenseur du projet de la Superligue aux côtés du Real Madrid et de la Juventus, a été aperçu échangeant cordialement avec Nasser Al-Khelaïfi, le président du PSG et figure influente de l’ECA. Cette scène a alimenté les spéculations sur une éventuelle réconciliation et une nouvelle dynamique entre l’UEFA et les grands clubs, malgré les tensions passées. L’UEFA, par la voix de son président Aleksander Čeferin, semble vouloir rassurer en affirmant son engagement envers un football inclusif, écartant l’idée d’un tournoi fermé à un nombre limité d’équipes.
Cependant, cette stratégie commerciale soulève des préoccupations pour les clubs de moindre envergure, notamment en Italie. La crainte est que l’attractivité croissante des compétitions européennes n’éclipse progressivement les championnats nationaux. Les droits télévisuels, de plus en plus concentrés sur les affrontements des plus grands noms du football européen, pourraient réduire les investissements dans les ligues locales. Les projections financières révèlent une augmentation substantielle des revenus attendus pour le cycle 2027-2030, passant de 4,4 milliards d’euros à plus de 6 milliards d’euros. Cet accroissement, bien que bénéfique pour l’UEFA et les participants aux compétitions européennes, risque d’aggraver l’écart financier avec les clubs exclus, malgré les mesures de redistribution mises en place par l’UEFA, comme la contribution de solidarité de 308 millions d’euros.
Par ailleurs, l’exploitation des données et des technologies avancées, sous la direction de Guy-Laurent Epstein, PDG d’UC3, et de Charlie Marshall, co-administrateur, vise à créer une valeur à long terme. L’un des développements envisagés est la diffusion en streaming de la Ligue des Champions à partir de 2027. Dans cette optique, des plateformes comme Netflix pourraient devenir des acteurs majeurs, cherchant à acquérir les droits de diffusion après avoir déjà vu Disney+ obtenir ceux de la Ligue des Champions Féminine. Cette évolution pourrait ouvrir de nouveaux horizons publicitaires et attirer une audience plus large.
Malgré les rumeurs persistantes d’un accord secret avec le projet A22 (initiateur de la Superligue), des représentants de l’UEFA ont fermement démenti la création d’un nouveau format de compétition à deux niveaux. L’ombre de l’A22 plane toujours, soulevant des interrogations sur l’avenir des structures actuelles, d’autant que le FC Barcelone conserve une porte ouverte, même si elle n’est pas grande ouverte, vers des discussions futures.