Publié le 7 février 2024 à 20h40. Une Norvégienne a découvert, des années après son séjour à New York, qu’elle avait logé dans un immeuble appartenant à Jeffrey Epstein, le financier américain condamné pour exploitation sexuelle de mineures.
- En 2012, Tuva Tjernstad a séjourné à New York dans un appartement prêté par des diplomates norvégiens.
- Elle a récemment appris que cet appartement se trouvait dans un immeuble appartenant à Jeffrey Epstein, utilisé pour héberger des victimes potentielles.
- L’affaire relance les questions sur les liens d’Epstein avec des personnalités influentes.
Tuva Tjernstad, alors âgée de 26 ans, se préparait à découvrir New York en 2012. Pour son premier voyage aux États-Unis, elle devait séjourner dans un appartement mis à disposition par Terje Rød-Larsen et Mona Juul, deux diplomates norvégiens. Ce qu’elle ignorait alors, c’est que cet appartement se situait dans un immeuble tristement célèbre, appartenant au délinquent sexuel Jeffrey Epstein.
Selon ses souvenirs, les parents de Tuva Tjernstad étaient voisins de chalet du couple diplomatique en Norvège. C’est ainsi qu’ils lui avaient proposé de l’héberger pendant son séjour new-yorkais. « Puis, quelque chose s’est passé et ils ont eu besoin de l’appartement, mais ils avaient un autre logement où je pouvais aller », explique-t-elle à TV 2.
L’immeuble en question, situé sur East 66th Street dans l’Upper East Side de Manhattan, est un quartier réputé pour son luxe et son exclusivité. Epstein y possédait plusieurs appartements, loués par l’intermédiaire de son frère, le promoteur immobilier Mark Epstein, selon The Independent. En 2019, Business Insider rapportait que l’immeuble comptait 200 unités, la plupart appartenant à la société de développement d’Epstein, Ossa Properties.
Tuva Tjernstad ne savait alors pas qu’elle séjournait dans un lieu qui, selon les médias américains, servait à Epstein à héberger des mineures et à les recruter. The New York Post a révélé qu’Epstein utilisait ces appartements pour attirer des jeunes femmes, souvent présentées comme des mannequins, en leur offrant des avantages en échange de services.
Le fameux « carnet noir » d’Epstein, contenant des noms, des adresses et des coordonnées, mentionnait également l’immeuble comme un lieu où étaient logées des « modèles ».
Tuva Tjernstad se souvient d’un appartement impersonnel, aux murs beiges et aux stores constamment baissés. « La vue donnait sur un mur », décrit-elle. Elle se rappelle également la présence d’œuvres d’art et d’un mobilier simple, comprenant un canapé et une télévision. Elle a laissé en guise de remerciement une barre de chocolat norvégien et un livre de contes populaires.
Dans un échange de courriels révélé par le ministère américain de la Justice, l’assistante d’Epstein, Lesley Groff, mentionne à Rød-Larsen que Tjernstad a laissé ces cadeaux. L’appartement est désigné dans la correspondance comme « l’un des appartements de Jeffrey ».
Ce n’est que plusieurs années plus tard, en suivant les informations sur l’affaire Epstein, que Tuva Tjernstad a réalisé l’ampleur de sa méprise. « C’est très désagréable d’y penser », confie-t-elle. Elle souligne qu’elle n’a jamais rencontré ni échangé avec Epstein, Rød-Larsen ou Juul, et qu’elle a toujours considéré le couple diplomatique comme de bons voisins, par l’intermédiaire de ses parents.
L’affaire relance les interrogations sur l’étendue des réseaux d’Epstein et les personnalités qui ont pu être impliquées dans ses activités illégales. Selon The Guardian, l’ancien Premier ministre israélien Ehud Barak aurait également fréquenté l’immeuble pendant plusieurs années.