Publié le 17 février 2026 à 07h48. À la veille de négociations cruciales à Genève sur le programme nucléaire iranien, le président américain Donald Trump a annoncé son implication « indirecte » dans les discussions, tout en signalant une possible volonté de Téhéran de trouver un accord.
- Donald Trump se dit prêt à s’impliquer indirectement dans les négociations nucléaires avec l’Iran, prévues à Genève.
- Les États-Unis renforcent leur présence militaire au Moyen-Orient avec le déploiement d’un second porte-avions.
- L’Iran réaffirme sa position : pas de soumission aux menaces, mais recherche d’un accord « juste et équitable ».
La tension monte alors que les négociations entre l’Iran et les États-Unis s’apprêtent à débuter. Washington a renforcé sa posture militaire dans la région, déployant un deuxième porte-avions dans le Golfe, signe de sa préparation à une éventuelle action militaire si les pourparlers échouent. Des responsables américains indiquent que l’armée se prépare à une campagne soutenue en cas d’échec des négociations.
Donald Trump a estimé que Téhéran pourrait être plus enclin à négocier cette fois-ci, évoquant les conséquences des frappes américaines de l’été dernier sur des sites nucléaires iraniens.
« Je ne pense pas qu’ils souhaitent subir les conséquences d’un non-accord »
Donald Trump, président américain
Il a rappelé que les négociations étaient au point mort avant ces frappes, en raison de l’insistance de Washington pour que Téhéran renonce à l’enrichissement de l’uranium sur son territoire, considéré comme une voie vers l’arme nucléaire.
Le président américain a fait référence aux bombardiers furtifs B-2 utilisés lors de ces opérations.
« Nous aurions pu conclure un accord au lieu d’envoyer les B-2 pour détruire leur potentiel nucléaire. Et nous avons dû envoyer les B-2 »
Donald Trump, président américain
Ces déclarations contrastent avec les propos tenus par M. Trump vendredi, où il avait évoqué la possibilité d’un changement de régime en Iran et déploré « des décennies d’échec des négociations ».
De son côté, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a rencontré hier le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Mariano Grossi, à Genève. Il a affirmé sur X (anciennement Twitter) que l’objectif était de parvenir à un accord « juste et équitable ».
« Ce qui n’est pas sur la table : la soumission avant les menaces »
Abbas Araghchi, ministre iranien des Affaires étrangères
L’AIEA demande depuis des mois à l’Iran des explications sur les 440 kg (970 livres) d’uranium hautement enrichi qui ont disparu suite aux frappes israélo-américaines, et souhaite reprendre les inspections sur trois sites clés : Natanz, Fordow et Ispahan.
Téhéran a menacé à plusieurs reprises de fermer le détroit d’Ormuz en cas d’attaque, ce qui perturberait un cinquième du trafic mondial de pétrole et ferait grimper les prix du brut. L’Iran a d’ailleurs organisé hier un exercice militaire dans ce détroit vital pour l’exportation du pétrole des pays du Golfe, qui appellent à une résolution diplomatique du conflit.
Malgré les signes d’ouverture de l’Iran, les négociations se heurtent à des obstacles importants. Washington souhaite élargir le champ des discussions à des questions non nucléaires, comme le programme de missiles balistiques iranien. Téhéran, quant à lui, insiste sur la levée des sanctions en échange de toute limitation de son programme nucléaire et refuse de renoncer à l’enrichissement de l’uranium. Il considère également que ses capacités en matière de missiles ne sont pas négociables.
Le secrétaire d’État américain Marco Rubio, lors d’une visite en Hongrie, a souligné la difficulté d’aboutir à un accord avec Téhéran.
« Je pense qu’il existe ici une opportunité de parvenir à un accord diplomatique (…) mais je ne veux pas non plus en exagérer. Cela va être difficile. Il a été très difficile pour quiconque de conclure de véritables accords avec l’Iran, car nous avons affaire à des religieux chiites radicaux qui prennent des décisions théologiques et non géopolitiques »
Marco Rubio, secrétaire d’État américain

