Publié le 14 février 2024 à 10h00. L’administration américaine renforce sa présence militaire au Moyen-Orient avec l’envoi du porte-avions USS Gerald R. Ford, tandis que des sources évoquent la préparation de possibles opérations spéciales en Iran, sur fond de tensions persistantes concernant le programme nucléaire iranien.
- Les États-Unis déploient leur plus grand porte-avions, l’USS Gerald R. Ford, au Moyen-Orient pour rejoindre l’USS Abraham Lincoln.
- Des sources internes au gouvernement américain indiquent que des opérations spéciales en Iran sont à l’étude.
- Cette décision intervient après des discussions entre le président Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu sur la question iranienne.
Washington intensifie ainsi la pression sur Téhéran, alors que les négociations concernant le programme nucléaire iranien sont au point mort. L’envoi de l’USS Gerald R. Ford, qui a quitté les Caraïbes hier soir, devrait prendre environ trois semaines pour rejoindre l’USS Abraham Lincoln, un porte-avions à propulsion nucléaire déjà déployé dans la région. Cette concentration de forces navales américaines est perçue comme un signal fort à destination de l’Iran.
La décision de Donald Trump fait suite à des déclarations publiques où il envisageait l’envoi d’une force opérationnelle de porte-avions supplémentaire au Moyen-Orient. Le 10 février, dans une interview accordée à Axios, il a réaffirmé son intention de parvenir à un accord avec l’Iran, mais a également laissé entendre qu’il n’excluait aucune option. Cette annonce intervient après une rencontre, le 12 février, avec Benjamin Netanyahu, le Premier ministre israélien, au cours de laquelle les deux dirigeants ont discuté de la menace posée par le programme nucléaire iranien.
Au-delà du déploiement naval, des informations révélées par Reuters suggèrent que l’armée américaine se prépare à des opérations militaires plus directes en Iran. Deux sources anonymes au sein de l’administration ont confirmé que des plans sont en cours, susceptibles d’être mis en œuvre si le président Trump donne l’ordre. Ces sources soulignent que toute action militaire contre l’Iran pourrait rapidement dégénérer en un conflit de grande ampleur, dépassant tout ce que les deux pays ont connu jusqu’à présent.
Selon ces mêmes sources, les opérations envisagées ne se limiteraient pas à des frappes sur les infrastructures militaires iraniennes, mais viseraient également des cibles stratégiques au sein de l’État et des agences de sécurité. Le Pentagone aurait déjà commencé à déployer des renforts au Moyen-Orient, comprenant des milliers de soldats, des avions de combat, des destroyers lance-missiles et d’autres équipements militaires.
Les États-Unis et l’Iran ont récemment mené des pourparlers indirects à Oman, dans l’espoir de relancer l’accord nucléaire de 2015. Téhéran se montre disposé à limiter son programme d’enrichissement de l’uranium en échange d’un allègement des sanctions américaines, mais les divergences persistent sur d’autres points. Israël, de son côté, insiste pour que l’Iran réduise également son programme de missiles balistiques et cesse de soutenir des groupes comme le Hezbollah.
Les discussions devraient se poursuivre, mais aucune date précise n’a encore été fixée. La Maison Blanche et le Pentagone se sont refusés à commenter les informations concernant la préparation d’une éventuelle attaque contre l’Iran. Cependant, le président Trump a laissé entendre qu’il pourrait recourir à la force si aucun accord satisfaisant n’est trouvé. De leur côté, les Gardiens de la révolution islamique (CGRI) iraniens ont averti qu’ils répondraient à toute attaque sur leur territoire en ciblant des bases militaires américaines.